L’indicateur 28 du référentiel Qualiopi porte sur la formation en situation de travail et l’alternance, et relève du critère 6 relatif à l’inscription et l’investissement du prestataire dans son environnement professionnel.
L’indicateur 28 exige que l’organisme démontre comment il mobilise les formations en situation de travail (FEST) et l’alternance pour renforcer l’acquisition des compétences. Il doit justifier l’intégration pédagogique de ces modalités, en lien avec son environnement professionnel, et fournir des preuves tangibles du suivi, de l’évaluation et des résultats lors de l’audit, en cohérence avec les objectifs de la formation.
L'indicateur 28 du référentiel Qualiopi concerne l'exploitation par l'organisme de formation des dispositifs de formation en situation de travail et d'alternance dans une logique d'ancrage professionnel.
L'organisme de formation doit démontrer une démarche pédagogique structurée intégrant la FEST ou l'alternance, avec un suivi individualisé et des preuves de la collaboration avec le milieu professionnel. L'auditeur s'attend à des documents formalisés (conventions, livrets de suivi, évaluations) et à une cohérence entre les objectifs annoncés et les pratiques observables, sans se contenter d'une simple mise à disposition en entreprise.
L'indicateur 28 s'inscrit dans le critère 6, « Inscription et investissement du prestataire dans son environnement professionnel ». Il exige que l'organisme de formation justifie la mobilisation effective de la formation en situation de travail (FEST) ou de l'alternance comme leviers pédagogiques pour atteindre les compétences visées. Concrètement, cela signifie que ces modalités ne sont pas de simples stages ou périodes pratiques accessoires, mais bien des composantes structurées du parcours, avec des objectifs d'apprentissage définis, des modalités d'encadrement et d'évaluation spécifiques, et une articulation étroite avec le référentiel de certification. L'organisme doit pouvoir expliciter en quoi ces périodes en milieu professionnel permettent une acquisition contextualisée des savoir-faire, en mobilisant des situations réelles de travail. L'indicateur couvre à la fois les dispositifs relevant de l'alternance (contrat d'apprentissage, contrat de professionnalisation) et les actions de formation où le travail est utilisé comme support pédagogique (FEST). L'enjeu est de démontrer un véritable ancrage professionnel, au-delà d'une simple juxtaposition de séquences théoriques et pratiques. Les preuves attendues reflètent donc la conception pédagogique, l'organisation, le suivi et l'évaluation de ces phases.
L'auditeur vérifiera la cohérence d'ensemble entre le projet pédagogique affiché et la réalité des pratiques, en s'appuyant sur un échantillon de dossiers et d'entretiens. Le niveau attendu est celui d'une intégration réfléchie et opérationnelle : les situations de travail doivent être choisies en fonction des compétences à développer, les périodes en entreprise sont planifiées, et les acteurs (apprenant, tuteur, formateur) disposent d'outils de liaison et de suivi. L'auditeur observera si les documents (conventions, livrets, grilles d'évaluation) sont utilisés activement et non de manière purement administrative. Pour la FEST, il contrôlera que l'organisme a bien formalisé le contenu pédagogique du travail et que l'évaluation est réalisée en situation réelle. Dans le cas de l'alternance, il portera son attention sur l'articulation entre les enseignements en centre et l'activité en entreprise, notamment via le carnet de liaison ou les visites de suivi. Le niveau d'exigence est proportionné à la place de ces modalités dans le parcours : plus la durée et l'enjeu sont importants, plus la documentation et le pilotage doivent être rigoureux. L'absence de formalisation ou un décalage manifeste entre les objectifs affichés et les pratiques constatées constituent un risque de non-conformité.
Les preuves listées ci-dessous ne sont pas exhaustives et doivent s'adapter au contexte de chaque organisme. L'auditeur pourra en demander d'autres selon la spécificité des actions. Ces éléments doivent démontrer une gestion pédagogique complète des périodes en milieu professionnel.
| Type de preuve | Contenu attendu | Conseils pratiques |
|---|---|---|
| Conventions ou contrats | Accords avec les structures d'accueil précisant les objectifs pédagogiques, les modalités d'encadrement et de suivi. | Veiller à ce que les objectifs de formation soient explicites et rattachés au référentiel. |
| Livret de suivi ou carnet de liaison | Document structuré servant de lien entre l'apprenant, le tuteur et le formateur, avec des rubriques de suivi périodique, des observations et des bilans. | Montrer qu'il est utilisé de façon continue et qu'il permet des ajustements si nécessaire. |
| Désignation et formation des tuteurs | Preuves de la compétence du tuteur (CV, lettre de mission) et éventuellement d'une action de sensibilisation à son rôle. | Même une réunion d'information ou un guide méthodologique peut être valorisé. |
| Plans de progression pédagogique | Calendrier des phases en entreprise avec les compétences à travailler sur chaque période. | Faire le lien avec le planning global de la formation. |
| Outils d'évaluation en situation de travail | Grilles d'observation, check-lists, mises en situation pratiques évaluées, rapports d'activité. | Ils doivent être cohérents avec les critères d'évaluation de la certification. |
| Preuves des retours d'expérience | Comptes rendus de réunions tripartites, enquêtes de satisfaction des tuteurs, bilans de fin de période. | Démontrer que l'organisme ajuste ses pratiques en fonction des retours, dans une logique d'amélioration (sans lien direct avec l'indicateur 32). |
| Non-conformité | Comment l'éviter |
|---|---|
| Absence de formalisation pédagogique des périodes en milieu professionnel | Rédiger un référentiel de formation détaillant les objectifs, les activités et les compétences à acquérir en situation de travail. |
| Confusion entre stage d'observation et FEST : le travail n'est pas structuré comme un apprentissage | Décrire précisément en quoi le poste ou les tâches confiées permettent de valider des compétences du programme. |
| Manque de suivi individualisé : contacts trop espacés, absence de visites | Planifier un calendrier de points de suivi réguliers (téléphoniques, physiques) et en conserver la trace. |
| Implication insuffisante du tuteur, non formé ou non désigné officiellement | Désigner nominativement un tuteur, lui remettre une feuille de mission et l'accompagner avec un guide pratique. |
| Evaluation des compétences en milieu professionnel non tracée ou trop subjective | Créer des grilles d'observation critériées directement issues du référentiel de certification. |
| Non prise en compte des retours du milieu professionnel pour améliorer le dispositif | Organiser des réunions bilan systématiques avec les tuteurs et formaliser les décisions prises suite à leurs suggestions. |
Prenons l'exemple d'un organisme formant au titre professionnel de « secrétaire assistant » en alternance. Le parcours de 9 mois est rythmé par 3 jours en centre et 2 jours en entreprise chaque semaine. Dès la conception, l'équipe pédagogique a défini les tâches professionnelles à maîtriser (accueil, gestion d'agenda, rédaction de courrier, etc.) et les a associées aux compétences du référentiel. Un livret de suivi numérique a été créé, partagé entre l'apprenant, le tuteur et le formateur. Chaque mois, une compétence est ciblée : le tuteur propose des situations de travail authentiques et consigne ses observations dans le livret. Le formateur organise une visite en entreprise au début, au milieu et à la fin de la formation pour échanger avec le tuteur et observer l'apprenant en situation. L'évaluation finale inclut une épreuve pratique en centre, mais les résultats du livret de suivi sont pris en compte. L'organisme conserve les conventions de stage alterné, les comptes rendus de visite, les bilans tripartites signés, et une synthèse annuelle des retours des tuteurs. Cet ensemble constitue un dossier solide pour l'audit.
Les dispositions relatives à l'apprentissage et à la formation professionnelle évoluent régulièrement, ce qui peut influencer les attendus de l'indicateur 28. Une attention particulière doit être portée aux évolutions législatives publiées au Journal officiel et aux communications officielles du ministère du Travail. Les retours d'expérience des audits diffusés par les instances compétentes peuvent également apporter des précisions sur les exigences documentaires et pédagogiques. Dernière vérification éditoriale : 3 juin 2026.
La FEST désigne une ingénierie pédagogique où le travail réel est le support d'apprentissage, sans nécessairement impliquer un contrat de travail. L'alternance, elle, repose sur un contrat de travail en alternance (apprentissage ou professionnalisation) et inclut des périodes en centre de formation et en entreprise. L'indicateur 28 couvre les deux dispositifs, mais les preuves peuvent varier : pour la FEST, on insiste sur la conception pédagogique amont ; pour l'alternance, sur l'articulation entre le centre et l'entreprise et le suivi du jeune.
Non, il concerne spécifiquement ceux qui intègrent des périodes de formation en milieu professionnel dans leurs parcours. Si votre organisme ne propose ni FEST ni alternance, cet indicateur n'est pas évalué. En revanche, dès lors que vous mentionnez de telles modalités dans votre offre, vous devez répondre aux exigences.
Même si la formation se déroule dans l'entreprise, l'organisme doit démontrer qu'il a co-construit le parcours : un document de cadrage précisant les objectifs, les activités à réaliser, les critères d'évaluation, et le rôle de chacun (formateur, tuteur, apprenant) est indispensable. Une convention tripartite formalisant cet engagement est un bon point de départ.
Pas automatiquement. La FEST se caractérise par une immersion dans des conditions de travail réelles ou simulées avec une intention pédagogique explicite. Si votre atelier reproduit un environnement professionnel et que vous évaluez les gestes métiers en situation, cela peut s'en rapprocher. Mais l'auditeur attendra une analyse précise des situations de travail et des preuves d'acquisition.
L'auditeur contrôle par échantillonnage. Vous devez pouvoir présenter des dossiers complets pour un nombre représentatif de bénéficiaires, sur une période récente cohérente avec le cycle d'audit. Chaque dossier doit contenir les différents types de preuves mentionnées dans le présent guide.
Les situations de travail à distance ou en ligne peuvent être prises en compte si elles permettent une mise en pratique professionnelle authentique et traçable. Il vous appartiendra de démontrer en quoi ces environnements sollicitent des compétences identiques à celles du milieu professionnel cible et comment vous en assurez le suivi.
L'organisme doit anticiper les besoins spécifiques : adaptation des postes de travail en entreprise, supports de suivi en format accessible, temps supplémentaires si nécessaire, ou mobilisation d'un partenaire spécialisé. Ces mesures doivent être tracées et proportionnées au handicap, sans que cela ne remette en cause les objectifs pédagogiques.
Centralisez les éléments qui démontrent votre conformité, prêts pour l'auditeur.
Centraliser mes preuves QualiopiSources : Guide de lecture du Référentiel national qualité · France Compétences. Contenu informatif, à valider par un référent Qualiopi.