Critère 6Spécifique

Indicateur 28 Qualiopi : réussir la formation en situation de travail

L’indicateur 28 du référentiel Qualiopi porte sur la formation en situation de travail et l’alternance, et relève du critère 6 relatif à l’inscription et l’investissement du prestataire dans son environnement professionnel.

En bref

L’indicateur 28 exige que l’organisme démontre comment il mobilise les formations en situation de travail (FEST) et l’alternance pour renforcer l’acquisition des compétences. Il doit justifier l’intégration pédagogique de ces modalités, en lien avec son environnement professionnel, et fournir des preuves tangibles du suivi, de l’évaluation et des résultats lors de l’audit, en cohérence avec les objectifs de la formation.

Définition courte

L'indicateur 28 du référentiel Qualiopi concerne l'exploitation par l'organisme de formation des dispositifs de formation en situation de travail et d'alternance dans une logique d'ancrage professionnel.

Résumé opérationnel

L'organisme de formation doit démontrer une démarche pédagogique structurée intégrant la FEST ou l'alternance, avec un suivi individualisé et des preuves de la collaboration avec le milieu professionnel. L'auditeur s'attend à des documents formalisés (conventions, livrets de suivi, évaluations) et à une cohérence entre les objectifs annoncés et les pratiques observables, sans se contenter d'une simple mise à disposition en entreprise.

Méthode éditoriale : cette page est une synthèse informative fondée sur le Guide de lecture du Référentiel national qualité et les sources officielles de la formation professionnelle. Elle ne remplace pas l'avis d'un certificateur, d'un auditeur ou d'un référent Qualiopi. Dernière vérification : 3 juin 2026. En savoir plus.
Sommaire
  1. Que demande l'indicateur 28 ?
  2. Niveau attendu lors de l'audit
  3. Preuves à fournir
  4. Non-conformités fréquentes
  5. Comment vous y prendre, étape par étape
  6. Exemple concret pour un organisme
  7. Checklist avant l'audit

Que demande l'indicateur 28 ?

L'indicateur 28 s'inscrit dans le critère 6, « Inscription et investissement du prestataire dans son environnement professionnel ». Il exige que l'organisme de formation justifie la mobilisation effective de la formation en situation de travail (FEST) ou de l'alternance comme leviers pédagogiques pour atteindre les compétences visées. Concrètement, cela signifie que ces modalités ne sont pas de simples stages ou périodes pratiques accessoires, mais bien des composantes structurées du parcours, avec des objectifs d'apprentissage définis, des modalités d'encadrement et d'évaluation spécifiques, et une articulation étroite avec le référentiel de certification. L'organisme doit pouvoir expliciter en quoi ces périodes en milieu professionnel permettent une acquisition contextualisée des savoir-faire, en mobilisant des situations réelles de travail. L'indicateur couvre à la fois les dispositifs relevant de l'alternance (contrat d'apprentissage, contrat de professionnalisation) et les actions de formation où le travail est utilisé comme support pédagogique (FEST). L'enjeu est de démontrer un véritable ancrage professionnel, au-delà d'une simple juxtaposition de séquences théoriques et pratiques. Les preuves attendues reflètent donc la conception pédagogique, l'organisation, le suivi et l'évaluation de ces phases.

Niveau attendu lors de l'audit

L'auditeur vérifiera la cohérence d'ensemble entre le projet pédagogique affiché et la réalité des pratiques, en s'appuyant sur un échantillon de dossiers et d'entretiens. Le niveau attendu est celui d'une intégration réfléchie et opérationnelle : les situations de travail doivent être choisies en fonction des compétences à développer, les périodes en entreprise sont planifiées, et les acteurs (apprenant, tuteur, formateur) disposent d'outils de liaison et de suivi. L'auditeur observera si les documents (conventions, livrets, grilles d'évaluation) sont utilisés activement et non de manière purement administrative. Pour la FEST, il contrôlera que l'organisme a bien formalisé le contenu pédagogique du travail et que l'évaluation est réalisée en situation réelle. Dans le cas de l'alternance, il portera son attention sur l'articulation entre les enseignements en centre et l'activité en entreprise, notamment via le carnet de liaison ou les visites de suivi. Le niveau d'exigence est proportionné à la place de ces modalités dans le parcours : plus la durée et l'enjeu sont importants, plus la documentation et le pilotage doivent être rigoureux. L'absence de formalisation ou un décalage manifeste entre les objectifs affichés et les pratiques constatées constituent un risque de non-conformité.

Preuves à fournir

Les preuves listées ci-dessous ne sont pas exhaustives et doivent s'adapter au contexte de chaque organisme. L'auditeur pourra en demander d'autres selon la spécificité des actions. Ces éléments doivent démontrer une gestion pédagogique complète des périodes en milieu professionnel.

Type de preuveContenu attenduConseils pratiques
Conventions ou contratsAccords avec les structures d'accueil précisant les objectifs pédagogiques, les modalités d'encadrement et de suivi.Veiller à ce que les objectifs de formation soient explicites et rattachés au référentiel.
Livret de suivi ou carnet de liaisonDocument structuré servant de lien entre l'apprenant, le tuteur et le formateur, avec des rubriques de suivi périodique, des observations et des bilans.Montrer qu'il est utilisé de façon continue et qu'il permet des ajustements si nécessaire.
Désignation et formation des tuteursPreuves de la compétence du tuteur (CV, lettre de mission) et éventuellement d'une action de sensibilisation à son rôle.Même une réunion d'information ou un guide méthodologique peut être valorisé.
Plans de progression pédagogiqueCalendrier des phases en entreprise avec les compétences à travailler sur chaque période.Faire le lien avec le planning global de la formation.
Outils d'évaluation en situation de travailGrilles d'observation, check-lists, mises en situation pratiques évaluées, rapports d'activité.Ils doivent être cohérents avec les critères d'évaluation de la certification.
Preuves des retours d'expérienceComptes rendus de réunions tripartites, enquêtes de satisfaction des tuteurs, bilans de fin de période.Démontrer que l'organisme ajuste ses pratiques en fonction des retours, dans une logique d'amélioration (sans lien direct avec l'indicateur 32).

Non-conformités fréquentes

Non-conformitéComment l'éviter
Absence de formalisation pédagogique des périodes en milieu professionnelRédiger un référentiel de formation détaillant les objectifs, les activités et les compétences à acquérir en situation de travail.
Confusion entre stage d'observation et FEST : le travail n'est pas structuré comme un apprentissageDécrire précisément en quoi le poste ou les tâches confiées permettent de valider des compétences du programme.
Manque de suivi individualisé : contacts trop espacés, absence de visitesPlanifier un calendrier de points de suivi réguliers (téléphoniques, physiques) et en conserver la trace.
Implication insuffisante du tuteur, non formé ou non désigné officiellementDésigner nominativement un tuteur, lui remettre une feuille de mission et l'accompagner avec un guide pratique.
Evaluation des compétences en milieu professionnel non tracée ou trop subjectiveCréer des grilles d'observation critériées directement issues du référentiel de certification.
Non prise en compte des retours du milieu professionnel pour améliorer le dispositifOrganiser des réunions bilan systématiques avec les tuteurs et formaliser les décisions prises suite à leurs suggestions.

Comment vous y prendre, étape par étape

  1. Analyser les compétences cibles du parcours et repérer celles qui peuvent être travaillées de manière optimale en milieu professionnel.
  2. Construire un référentiel de formation en situation de travail : pour chaque compétence, définir la ou les activités professionnelles associées, les lieux possibles, les prérequis éventuels.
  3. Rechercher et contractualiser avec des partenaires professionnels : rédiger des conventions de stage ou sélectionner des entreprises d'accueil pour l'alternance, en informant les tuteurs de leurs responsabilités.
  4. Développer les outils de suivi et d'évaluation : livret de suivi, fiches d'activité, grilles d'observation critériées, questionnaires tuteur, supports de préparation à la FEST pour l'apprenant.
  5. Mettre en œuvre la planification : intégrer les périodes en entreprise dans le calendrier pédagogique, prévoir les séances de préparation et de retour d'expérience en centre.
  6. Assurer un accompagnement régulier : visites de suivi programmées, entretiens téléphoniques, régulation avec le tuteur en cas de difficulté, avec consignation des échanges.
  7. Réaliser les évaluations en situation réelle et recueillir les retours des parties prenantes à des fins d'ajustement des prochaines sessions, dans le respect du périmètre de l'indicateur.

Exemple concret pour un organisme

Prenons l'exemple d'un organisme formant au titre professionnel de « secrétaire assistant » en alternance. Le parcours de 9 mois est rythmé par 3 jours en centre et 2 jours en entreprise chaque semaine. Dès la conception, l'équipe pédagogique a défini les tâches professionnelles à maîtriser (accueil, gestion d'agenda, rédaction de courrier, etc.) et les a associées aux compétences du référentiel. Un livret de suivi numérique a été créé, partagé entre l'apprenant, le tuteur et le formateur. Chaque mois, une compétence est ciblée : le tuteur propose des situations de travail authentiques et consigne ses observations dans le livret. Le formateur organise une visite en entreprise au début, au milieu et à la fin de la formation pour échanger avec le tuteur et observer l'apprenant en situation. L'évaluation finale inclut une épreuve pratique en centre, mais les résultats du livret de suivi sont pris en compte. L'organisme conserve les conventions de stage alterné, les comptes rendus de visite, les bilans tripartites signés, et une synthèse annuelle des retours des tuteurs. Cet ensemble constitue un dossier solide pour l'audit.

Checklist avant l'audit

Évolutions récentes

Les dispositions relatives à l'apprentissage et à la formation professionnelle évoluent régulièrement, ce qui peut influencer les attendus de l'indicateur 28. Une attention particulière doit être portée aux évolutions législatives publiées au Journal officiel et aux communications officielles du ministère du Travail. Les retours d'expérience des audits diffusés par les instances compétentes peuvent également apporter des précisions sur les exigences documentaires et pédagogiques. Dernière vérification éditoriale : 3 juin 2026.

FAQ

Quelle est la différence entre FEST et alternance au regard de l'indicateur 28 ?

La FEST désigne une ingénierie pédagogique où le travail réel est le support d'apprentissage, sans nécessairement impliquer un contrat de travail. L'alternance, elle, repose sur un contrat de travail en alternance (apprentissage ou professionnalisation) et inclut des périodes en centre de formation et en entreprise. L'indicateur 28 couvre les deux dispositifs, mais les preuves peuvent varier : pour la FEST, on insiste sur la conception pédagogique amont ; pour l'alternance, sur l'articulation entre le centre et l'entreprise et le suivi du jeune.

L'indicateur 28 s'applique-t-il à tous les organismes de formation ?

Non, il concerne spécifiquement ceux qui intègrent des périodes de formation en milieu professionnel dans leurs parcours. Si votre organisme ne propose ni FEST ni alternance, cet indicateur n'est pas évalué. En revanche, dès lors que vous mentionnez de telles modalités dans votre offre, vous devez répondre aux exigences.

Comment prouver l'aspect pédagogique de la FEST si l'employeur forme sur son propre site ?

Même si la formation se déroule dans l'entreprise, l'organisme doit démontrer qu'il a co-construit le parcours : un document de cadrage précisant les objectifs, les activités à réaliser, les critères d'évaluation, et le rôle de chacun (formateur, tuteur, apprenant) est indispensable. Une convention tripartite formalisant cet engagement est un bon point de départ.

Un atelier pratique dans nos locaux est-il considéré comme de la FEST ?

Pas automatiquement. La FEST se caractérise par une immersion dans des conditions de travail réelles ou simulées avec une intention pédagogique explicite. Si votre atelier reproduit un environnement professionnel et que vous évaluez les gestes métiers en situation, cela peut s'en rapprocher. Mais l'auditeur attendra une analyse précise des situations de travail et des preuves d'acquisition.

Faut-il fournir les preuves pour tous les apprenants ?

L'auditeur contrôle par échantillonnage. Vous devez pouvoir présenter des dossiers complets pour un nombre représentatif de bénéficiaires, sur une période récente cohérente avec le cycle d'audit. Chaque dossier doit contenir les différents types de preuves mentionnées dans le présent guide.

Pouvons-nous utiliser des environnements numériques de travail pour répondre à l'indicateur 28 ?

Les situations de travail à distance ou en ligne peuvent être prises en compte si elles permettent une mise en pratique professionnelle authentique et traçable. Il vous appartiendra de démontrer en quoi ces environnements sollicitent des compétences identiques à celles du milieu professionnel cible et comment vous en assurez le suivi.

Comment gérer l'accessibilité pour les apprenants en situation de handicap dans le cadre de l'indicateur 28 ?

L'organisme doit anticiper les besoins spécifiques : adaptation des postes de travail en entreprise, supports de suivi en format accessible, temps supplémentaires si nécessaire, ou mobilisation d'un partenaire spécialisé. Ces mesures doivent être tracées et proportionnées au handicap, sans que cela ne remette en cause les objectifs pédagogiques.

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Sources : Guide de lecture du Référentiel national qualité · France Compétences. Contenu informatif, à valider par un référent Qualiopi.