Critère 6Spécifique

Indicateur 27 Qualiopi : réussir la gestion de la sous-traitance

L’indicateur 27 du Référentiel National Qualité concerne la sous-traitance et le portage salarial dans les organismes de formation.

En bref

L’indicateur 27 exige que l’organisme de formation encadre formellement ses relations de sous-traitance et de portage salarial par des contrats écrits précisant les obligations qualité. L’auditeur vérifie la conformité des documents contractuels et la communication aux parties prenantes.

Définition courte

L’indicateur 27 du Référentiel National Qualité impose aux organismes de formation de formaliser leurs pratiques de sous-traitance et de portage salarial par des contrats écrits et de s’assurer du respect des exigences qualité.

Résumé opérationnel

L’organisme doit établir des contrats écrits pour chaque relation de sous-traitance ou de portage salarial, mentionnant clairement les obligations qualité. Il doit également informer les bénéficiaires et les financeurs de l’existence de ces relations. L’auditeur s’attend à des preuves tangibles de ces formalisations et de leur mise en œuvre effective.

Méthode éditoriale : cette page est une synthèse informative fondée sur le Guide de lecture du Référentiel national qualité et les sources officielles de la formation professionnelle. Elle ne remplace pas l'avis d'un certificateur, d'un auditeur ou d'un référent Qualiopi. Dernière vérification : 3 juin 2026. En savoir plus.
Sommaire
  1. Que demande l'indicateur 27 ?
  2. Niveau attendu lors de l'audit
  3. Preuves à fournir
  4. Non-conformités fréquentes
  5. Comment vous y prendre, étape par étape
  6. Exemple concret pour un organisme
  7. Checklist avant l'audit

Que demande l'indicateur 27 ?

L’indicateur 27 impose à l’organisme de formation de maîtriser et de formaliser ses relations de sous-traitance et de portage salarial. Cela se traduit par la rédaction de contrats écrits pour chaque prestataire externe intervenant dans la réalisation des actions de formation. Ces documents doivent définir clairement les missions confiées, les obligations respectives en matière de qualité, et les modalités de contrôle. L’objectif est d’assurer que les prestations déléguées respectent le même niveau d’exigence que celles réalisées en interne, conformément aux textes relatifs au Référentiel national qualité. L’indicateur vise également à garantir la transparence vis-à-vis des bénéficiaires et des financeurs : ces derniers doivent être informés, le cas échéant, du recours à un sous-traitant ou à un salarié porté. Cette transparence permet de sécuriser les parcours de formation et de prévenir tout litige lié à la qualité des interventions externes. En somme, l’indicateur 27 exige une gestion rigoureuse et documentée de toute externalisation de l’activité pédagogique.

Niveau attendu lors de l'audit

Lors de l’audit de certification, l’auditeur vérifiera la présence et la conformité des contrats relatifs à la sous-traitance et au portage salarial. Pour chaque relation identifiée, il s’attend à un document contractuel en bonne et due forme, signé par les deux parties, et daté. Ce contrat doit obligatoirement comporter des clauses précisant les exigences qualité à respecter : par exemple, le respect du programme de formation, l’utilisation de formateurs qualifiés, ou encore l’évaluation des acquis. L’auditeur pourra également s’assurer que l’organisme a bien informé les clients (entreprises, particuliers, financeurs publics) de l’intervention d’un tiers, lorsque cette information est requise selon la nature de la prestation ou du financement. Il ne s’agit pas d’un simple contrôle formel : l’auditeur peut demander à voir comment l’organisme s’assure concrètement que le sous-traitant respecte ses engagements. Cela peut inclure des comptes rendus de suivi, des évaluations, ou des échanges de courriels. Le niveau attendu n’est pas une conformité absolue et figée, mais une capacité démontrée à encadrer et piloter la qualité des prestations externalisées, en cohérence avec la taille et la complexité de l’organisme.

Preuves à fournir

Pour démontrer la conformité à l’indicateur 27, l’organisme doit réunir un ensemble de preuves tangibles et actualisées. Le tableau ci-dessous liste les principaux documents attendus, leur description et des conseils pour les préparer. Il est essentiel que ces preuves soient facilement accessibles et bien organisées au moment de l’audit.

Type de preuveDescriptionConseils pratiques
Contrat de sous-traitance ou conventionDocument écrit signé définissant les missions, les obligations qualité, la durée, les modalités financièresUtiliser un modèle-type intégrant systématiquement des clauses qualité ; numéroter et archiver chaque contrat
Contrat de portage salarialContrat entre la société de portage, le salarié porté et l’organisme de formation, précisant les conditions de la prestationVérifier que le contrat inclut des engagements en matière de qualité de la formation et de compétences du formateur
Annexe ou clause qualitéDocument détaillant les exigences qualité (respect du programme, évaluation, matériel, etc.)Faire référence au référentiel interne ou au cahier des charges de la formation
Preuve d’information aux bénéficiairesCourrier, mail, mention dans la convention de formation ou le devisConserver un accusé de réception ou une capture d’écran ; l’information peut être donnée avant le début de la formation
Preuve d’information aux financeursNotification écrite de la sous-traitance (selon exigences du financeur)Se référer aux conditions générales du financeur ; archiver les échanges
Éléments de pilotage et de suiviComptes rendus de réunion, évaluations de la prestation, audits internesMontrer une vérification périodique de la qualité délivrée par le sous-traitant

Non-conformités fréquentes

Non-conformitéComment l'éviter
Absence de contrat écrit pour un sous-traitantRecenser toutes les relations de sous-traitance et formaliser un contrat écrit pour chacune, même pour des interventions ponctuelles
Contrat ne mentionnant pas les obligations qualitéIntégrer des clauses spécifiques ou une annexe qualité dans tous les contrats de sous-traitance et de portage salarial
Défaut d’information des bénéficiaires sur le recours à un sous-traitantInclure une mention dans la convention de formation ou le règlement intérieur ; informer les participants avant le début de l’action
Non-information du financeur alors qu’elle est requiseVérifier les obligations des financeurs (OPCO, Pôle emploi, Région) et transmettre les informations demandées
Imprécision sur les missions confiées (qui fait quoi)Détailler dans le contrat les contenus, les volumes horaires, les compétences requises et les objectifs pédagogiques
Absence de vérification de la qualité de la prestation sous-traitéeMettre en place un suivi régulier (questionnaires de satisfaction, contrôles sur site) et conserver des traces

Comment vous y prendre, étape par étape

  1. Cartographier vos externalisations : Identifiez toutes les situations où un formateur ou un prestataire externe intervient dans vos actions. Distinguez clairement la sous-traitance (confrontation à un tiers) du portage salarial (salarié d’une société de portage).
  2. Vérifier l’existence et la formalisation des contrats : Pour chaque relation, assurez-vous de disposer d’un contrat écrit en vigueur. S’il n’existe pas ou est obsolète, rédigez ou mettez à jour sans tarder.
  3. Intégrer des clauses qualité obligatoires : Chaque contrat doit préciser les engagements qualité : respect du programme, évaluation des stagiaires, qualification des intervenants, respect des procédures internes (accueil, handicap, etc.), et modalités de contrôle par l’organisme donneur d’ordre.
  4. Informer les parties prenantes : Selon votre activité et les financeurs, informez les bénéficiaires (via la convention ou un avenant) et les financeurs (OPCO, etc.) de l’existence de la sous-traitance. Conservez des preuves de cette information.
  5. Assurer un suivi qualité du sous-traitant : Définissez un processus de surveillance : évaluations « à chaud » des stagiaires, réunions de coordination, contrôles inopinés, analyse des indicateurs. Documentez ce suivi.
  6. Archiver et actualiser régulièrement : Classez tous les contrats et les preuves associées de manière accessible. Prévoyez une revue périodique (par exemple, annuelle ou à chaque nouvelle action) pour maintenir la conformité.

Exemple concret pour un organisme

Imaginons un organisme de formation qui dispense un parcours de « bureautique avancée » auprès de salariés d’entreprise. Ne disposant pas en interne de compétences sur un module spécifique (comme Excel VBA), il décide de sous-traiter cette partie à un formateur indépendant. Voici comment il peut répondre à l’indicateur 27 :

D’abord, il formalise un contrat de sous-traitance précisant les objectifs pédagogiques du module, le volume horaire (7 heures), le matériel nécessaire (ordinateurs, vidéoprojecteur), et les critères d’évaluation (exercices pratiques, QCM). Une clause qualité stipule que le formateur devra utiliser le même référentiel d’évaluation que l’organisme et remettre un compte rendu de formation. Le contrat est signé et daté.

Ensuite, l’organisme informe l’entreprise cliente de ce recours à un sous-traitant via un avenant à la convention de formation. Il notifie également l’OPCO financeur si cela est exigé par les conditions particulières de la prise en charge. Pendant la formation, l’organisme demande aux participants de remplir une évaluation du module sous-traité et conserve ces fiches. Un mois après, il rencontre le formateur pour débriefer et vérifier la qualité. Tous ces documents sont ensuite archivés dans un dossier « Preuves indicateur 27 » prêt pour l’audit. Cet exemple illustre une conformité simple mais rigoureuse.

Checklist avant l'audit

Évolutions récentes

Le cadre juridique de la sous-traitance et du portage salarial dans la formation professionnelle est mature et n’a pas connu de modification substantielle récente. Il est néanmoins recommandé aux organismes de formation de rester informés des éventuelles évolutions législatives ou réglementaires via les publications officielles (site du ministère du Travail, Légifrance). Une attention particulière doit être portée aux exigences des financeurs, qui peuvent ponctuellement renforcer leurs obligations de transparence. Dernière vérification éditoriale : 3 juin 2026.

FAQ

Qui est concerné par l'indicateur 27 ?

Seuls les organismes de formation qui externalisent une partie de leurs prestations via la sous-traitance ou qui recourent au portage salarial sont concernés. Si vous n’utilisez jamais de formateur externe, cet indicateur n’est pas applicable.

Quelle est la différence entre sous-traitance et portage salarial ?

La sous-traitance consiste à confier une partie de la formation à un autre organisme ou travailleur indépendant. Le portage salarial implique un salarié porté par une société de portage, qui facture la prestation au client. L’indicateur impose dans les deux cas un contrat écrit et des clauses qualité.

Que doit contenir le contrat de sous-traitance ?

Il doit décrire la mission confiée, le volume horaire, les objectifs pédagogiques, les compétences requises, les obligations qualité (respect du programme, évaluation, etc.), et les modalités de contrôle par l’organisme donneur d’ordre. Il doit être signé par les deux parties.

Doit-on informer les financeurs de l'utilisation d'un sous-traitant ?

Cela dépend des règles de chaque financeur (OPCO, Pôle emploi, Région). Certains imposent une déclaration préalable. Il est prudent de vérifier les conditions générales de financement et de conserver toute preuve de l’information transmise.

Peut-on sous-traiter l'intégralité de la formation ?

D’un point de vue Qualiopi, ce n’est pas interdit, mais l’organisme titulaire de la certification reste responsable de la qualité de l’ensemble de la prestation. Il doit donc encadrer le sous-traitant avec un contrat solide et des clauses qualité, et informer les parties prenantes le cas échéant.

Mon sous-traitant doit-il être lui-même certifié Qualiopi ?

La certification Qualiopi n’est pas obligatoire pour les sous-traitants. Cependant, l’organisme qui recourt à la sous-traitance doit s’assurer que le sous-traitant respecte des exigences qualité équivalentes. Certains financeurs peuvent néanmoins exiger la certification du sous-traitant.

À quelle fréquence faut-il mettre à jour les contrats de sous-traitance ?

Les textes ne fixent pas de périodicité obligatoire. Toutefois, il est conseillé de revoir les contrats à chaque nouvelle action de formation ou en cas de changement significatif (programme, durée, intervenant). L’auditeur vérifiera que les documents sont en vigueur et reflètent la réalité des prestations.

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Sources : Guide de lecture du Référentiel national qualité · France Compétences. Contenu informatif, à valider par un référent Qualiopi.