L’indicateur 25 du critère 6 impose à l’organisme de formation de démontrer une veille active sur les évolutions pédagogiques et technologiques liées à ses domaines de compétence.
L’indicateur 25 du référentiel Qualiopi exige la mise en place d’une veille permanente pour suivre les innovations pédagogiques et technologiques en lien avec les domaines de formation de l’organisme. Il ne s’agit pas d’une simple collecte, mais de démontrer l’intégration effective de ces évolutions dans l’offre et les pratiques.
L’indicateur 25 demande à l’organisme de formation de prouver qu’il assure une veille active, documentée et exploitée sur les évolutions pédagogiques et technologiques impactant ses formations.
L’organisme doit structurer sa veille : identifier les thématiques, sélectionner des sources fiables, collecter et analyser les informations, puis adapter ses programmes et méthodes. L’auditeur examine la réalité du processus, sa périodicité et les preuves concrètes d’utilisation des résultats (mises à jour de contenu, adoption de nouveaux outils, etc.).
L’indicateur 25 du référentiel national qualité est libellé comme suit : « Le prestataire met en place et entretient une veille pédagogique et technologique en lien avec ses domaines de compétences et de formation. » Il relève du critère 6 intitulé « Inscription et investissement du prestataire dans son environnement professionnel ». Concrètement, il s’agit pour l’organisme de formation de démontrer qu’il ne se contente pas de reconduire ses pratiques, mais qu’il suit activement les évolutions susceptibles d’améliorer la qualité de ses prestations. La veille pédagogique porte sur les méthodes, les innovations didactiques, les modes d’évaluation ou encore les approches andragogiques. La veille technologique couvre, le cas échéant, les outils numériques, les plateformes, les équipements ou toute solution technique en lien avec les formations dispensées. L’indicateur s’applique à l’ensemble des actions de formation, quel que soit le public, le financement ou le domaine. Il se distingue nettement d’autres types de veille (légale, sectorielle) par son objet spécifique, et l’auditeur évaluera non seulement l’existence d’un dispositif mais aussi la manière dont les informations recueillies sont valorisées.
L’auditeur Qualiopi ne se satisfait pas d’une déclaration d’intention ou d’une liste de sites web consultés. Il recherche la preuve d’une veille active et organisée, adaptée à la taille et aux moyens de l’organisme. Pour une petite structure, un outillage simple (tableau partagé, comptes rendus de réunions) peut suffire, pourvu qu’il démontre une régularité et une traçabilité. L’auditeur attend de voir comment l’organisme identifie les thèmes pertinents (en lien avec ses référentiels et ses publics), comment il collecte et filtre l’information, et surtout comment il intègre ses découvertes dans l’évolution de ses programmes. Il portera une attention particulière aux exemples concrets : modification d’un module à la suite d’une conférence, acquisition d’un nouveau logiciel sur recommandation d’un partenaire, adaptation d’une modalité pédagogique après une étude sectorielle. Le niveau attendu n’implique pas une fréquence imposée par les textes, mais la cohérence du rythme avec l’activité : une veille trop ancienne ou inexistante sera sanctionnée. L’organisme doit démontrer une capacité à rester en phase avec son environnement professionnel et technologique, ce qui constitue un levier de qualité durable.
La liste ci-dessous n’est pas exhaustive ; elle illustre les types de preuves que l’auditeur peut examiner pour vérifier la conformité à l’indicateur 25. L’organisme sélectionnera les éléments pertinents en fonction de son activité et du périmètre de l’audit.
| Type de preuve | Description | Points d'attention |
|---|---|---|
| Procédure de veille | Document décrivant l’organisation de la veille (responsables, périmètre, sources, rythme, traitement) | Doit être appliquée et non un simple document générique ; sa date de mise à jour doit être récente. |
| Plan de veille | Liste structurée des thématiques et des sources surveillées (sites, revues, newsletters, événements, etc.) | À relier explicitement aux domaines de formation ; les sources doivent être qualifiées. |
| Supports de collecte | Exemples d’abonnements à des flux professionnels, captures d’écran de newsletters spécialisées, comptes-rendus de conférences | Datés et couvrant une période récente, cohérente avec le cycle d’audit. |
| Analyses et synthèses | Comptes rendus de réunions de veille, notes de synthèse, tableaux de bord | Doivent montrer une sélection et une mise en perspective des informations, pas un simple copié-collé. |
| Preuves d’intégration | Nouveaux contenus, modules mis à jour, achats d’outils, évolutions de pratiques, envois ciblés aux formateurs | Lien explicite avec une décision issue de la veille (trace dans un compte rendu, décision datée). |
| Témoignages de parties prenantes | Retours de formateurs ou de stagiaires sur des innovations intégrées | Peuvent illustrer l’usage réel, mais ne remplacent pas les preuves formelles. |
| Non-conformité | Comment l'éviter |
|---|---|
| Absence de toute démarche de veille | Mettre en place un processus simple mais réel dès que possible ; même un suivi régulier de quelques sources peut suffire. |
| Veille non documentée | Conserver des traces écrites de chaque action : abonnements, comptes rendus, décisions. L’auditeur ne peut pas se contenter de déclarations orales. |
| Sources trop génériques ou sans lien avec les formations | Définir précisément les domaines de veille en adéquation avec le catalogue de formation, et justifier le choix de chaque source. |
| Veille uniquement passive (pas d’exploitation) | Instaurer un point régulier (réunion ou note interne) pour décider des suites à donner aux informations collectées. |
| Périmètre trop étroit (par exemple, uniquement technologique) | Vérifier que la veille couvre bien les deux dimensions : pédagogique et technologique, selon l’activité. |
| Absence de mise à jour des formations | Planifier la révision des programmes et des ressources à une fréquence adaptée, en lien avec les évolutions détectées. |
| Veille « mise en scène » pour l’audit | Faire vivre la veille toute l’année ; l’auditeur peut croiser les informations avec d’autres indicateurs (par exemple, l’actualisation des programmes). |
Prenons l’exemple d’un organisme de formation spécialisé en marketing digital. Le responsable pédagogique décide de structurer une veille active autour de deux axes : les évolutions des algorithmes des plateformes publicitaires et les nouvelles pratiques pédagogiques (microlearning, réalité augmentée). Il s’abonne à plusieurs newsletters professionnelles et à des comptes Twitter d’experts reconnus. Une fois par mois, il consacre une heure à la lecture et à la sélection d’articles pertinents, qu’il partage dans un canal Slack dédié avec les formateurs. Chaque trimestre, une réunion est organisée pour discuter des tendances émergentes : un compte rendu est systématiquement rédigé. À l’issue d’une de ces réunions, l’équipe décide d’introduire un module sur TikTok dans le parcours « Stratégie social media » et d’investir dans un outil de quiz interactif pour favoriser l’engagement. La preuve est constituée du compte rendu de réunion, de la nouvelle version du programme (datée) et du bon de commande de l’outil. Pour l’audit, l’organisme pourra présenter un dossier complet montrant la chaîne : veille → analyse → décision → intégration.
Des discussions au sein des instances de la formation professionnelle suggèrent un renforcement possible de l’exigence de traçabilité numérique, notamment pour les organismes proposant des formations à distance. Une évolution réglementaire publiée sur une source officielle pourrait préciser les attentes en matière de fréquence ou de format de restitution pour la veille technologique. Dernière vérification éditoriale : 3 juin 2026.
Oui, l’indicateur 25 est un indicateur commun du référentiel national qualité. Il concerne toutes les actions de formation, quel que soit le statut de l’organisme ou le type de financement.
La veille pédagogique porte sur les méthodes d’enseignement, les pratiques andragogiques, l’évaluation. La veille technologique surveille les outils, équipements ou supports numériques utiles à la formation. Elles peuvent se recouper, mais l’organisme doit démontrer une attention aux deux dimensions, si elles sont pertinentes pour son activité.
Non, aucun outil spécifique n’est imposé. Un tableur partagé, une messagerie collaborative ou un dossier réseau bien organisé peuvent suffire. L’important est que le dispositif soit fonctionnel, accessible et régulièrement alimenté.
Les textes relatifs à la certification Qualiopi ne précisent pas de périodicité chiffrée. L’organisme doit définir un rythme cohérent avec son secteur : certains domaines évoluent très vite et nécessitent une veille quasi continue, tandis que d’autres peuvent se contenter d’une actualisation trimestrielle. L’auditeur vérifiera la régularité sur la période récente, en cohérence avec le cycle d’audit.
Le simple partage informel ne suffit généralement pas. L’auditeur attend une procédure de veille structurée, une traçabilité des informations et surtout une preuve que ces informations ont conduit à des améliorations concrètes des formations. Le partage peut être une composante de la veille, mais il doit être documenté et suivi d’effets.
L’indicateur 25 mentionne bien une veille technologique « en lien avec ses domaines de compétences et de formation ». Si aucune technologie n’intervient dans vos prestations, il peut ne pas être pertinent de mener une veille technologique. Toutefois, il est rare qu’une formation n’utilise aucun support technique, ne serait-ce qu’un vidéoprojecteur ou un logiciel de présentation. Une analyse du périmètre adapté est à réaliser et à documenter.
L’auditeur examine les preuves documentaires fournies et peut interroger les personnes en charge de la veille. Il vérifie la cohérence entre le plan de veille affiché, les activités déclarées et les résultats observables (évolutions de l’offre). Il peut aussi croiser avec d’autres indicateurs, comme l’actualisation des programmes, pour conforter la réalité de la démarche.
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Centraliser mes preuves QualiopiSources : Guide de lecture du Référentiel national qualité · France Compétences. Contenu informatif, à valider par un référent Qualiopi.