Critère 4Spécifique

Indicateur 18 Qualiopi : réussir la coordination des acteurs

L’indicateur 18 du Référentiel national qualité évalue la capacité de l’organisme de formation à coordonner efficacement les intervenants et partenaires impliqués dans la prestation.

En bref

L’indicateur 18 exige que l’organisme de formation mette en place les modalités de coordination des différents acteurs (formateurs, tuteurs, référents, entreprises partenaires, etc.) qui interviennent dans la prestation, afin d’assurer la cohérence pédagogique et le suivi des apprenants.

Définition courte

L’indicateur 18 du Référentiel national qualité vérifie que l’organisme de formation coordonne les acteurs internes et externes de la formation afin de garantir le bon déroulement et la cohérence des parcours.

Résumé opérationnel

Pour satisfaire l’indicateur 18, l’organisme doit formaliser et appliquer un processus de coordination entre formateurs, tuteurs et autres parties prenantes. L’auditeur évalue la réalité de cette coordination à travers des documents de suivi, des comptes rendus de réunions et des échanges attestant d’une collaboration effective. Les preuves doivent démontrer que les informations circulent et que les responsabilités sont partagées, au bénéfice de l’apprenant.

Méthode éditoriale : cette page est une synthèse informative fondée sur le Guide de lecture du Référentiel national qualité et les sources officielles de la formation professionnelle. Elle ne remplace pas l'avis d'un certificateur, d'un auditeur ou d'un référent Qualiopi. Dernière vérification : 3 juin 2026. En savoir plus.
Sommaire
  1. Que demande l'indicateur 18 ?
  2. Niveau attendu lors de l'audit
  3. Preuves à fournir
  4. Non-conformités fréquentes
  5. Comment vous y prendre, étape par étape
  6. Exemple concret pour un organisme
  7. Checklist avant l'audit

Que demande l'indicateur 18 ?

L’indicateur 18, rattaché au Critère 4 « Adéquation des moyens pédagogiques et techniques », cible la coordination des acteurs de la formation. Applicable principalement aux actions de formation et à l’apprentissage selon le périmètre certifié, il impose à l’organisme de démontrer une organisation structurée des relations entre les différentes parties prenantes. Ces acteurs peuvent être internes (formateurs, coordinateurs pédagogiques, référents handicap) ou externes (tuteurs en entreprise, maîtres d’apprentissage, employeurs, partenaires institutionnels). La coordination vise à aligner les interventions, éviter les redondances, et fluidifier le parcours de l’apprenant. Concrètement, l’organisme doit définir les responsabilités de chacun, établir des canaux de communication réguliers et documenter les échanges. L’auditeur ne se contentera pas d’une simple déclaration d’intention ; il recherchera des preuves tangibles de la mise en œuvre opérationnelle de cette coordination, tout au long de la prestation. L’indicateur s’inscrit dans une logique de qualité globale : une coordination défaillante peut entraîner des ruptures pédagogiques ou des incohérences préjudiciables aux apprenants.

Niveau attendu lors de l'audit

L’auditeur évalue la réalité et l’efficacité de la coordination en s’appuyant sur un faisceau d’indices convergents. Le niveau attendu n’est pas uniforme : il dépend de la complexité de l’offre et du nombre d’intervenants. Pour une formation impliquant plusieurs formateurs et un suivi en entreprise, le processus de coordination doit être formalisé et visible. L’auditeur pourra consulter des comptes rendus de réunions, des échanges de courriels structurés, des plannings partagés ou des tableaux de suivi pédagogique. Lors d’entretiens avec des parties prenantes, il vérifiera que la coordination ne reste pas théorique. Un point clé est la traçabilité : les preuves doivent couvrir la période audité et, le cas échéant, plusieurs sessions de formation. L’organisme doit pouvoir expliquer comment la coordination s’adapte en cas d’imprévu (absence d’un tuteur, changement de planning). L’auditeur portera une attention particulière aux dispositifs mobilisant des tiers (alternance, contrats de professionnalisation) où la coordination est cruciale. Enfin, si l’organisme fait appel à des sous-traitants, la coordination inclut également ces derniers, avec des modalités contractuelles claires.

Preuves à fournir

Les preuves présentées doivent attester d’une coordination effective, pas seulement d’une procédure écrite. Elles doivent être datées, nominatives et en lien direct avec les sessions de formation de l’échantillon audité. L’organisme peut constituer un dossier structuré comportant différents types de documents, comme le montre le tableau ci-dessous.

Exemples de preuves pour l’indicateur 18
Type de preuveDescriptionExemples concrets
Procédure de coordinationDocument formalisé décrivant le processus, les rôles et les outils.Fiche processus, schéma d’organisation, charte de coordination.
Comptes rendus de réunionTraces écrites des points de coordination entre acteurs.CR de réunion pédagogique, de suivi de stage, de visites en entreprise.
Échanges structurésCommunications régulières et finalisées.Mails récapitulatifs, notes de synthèse, comptes rendus téléphoniques.
Outils partagésSupports de collaboration et de suivi.Plateforme LMS, planning partagé, tableau de progression de l’apprenant.
Contrats / conventionsDocuments précisant les responsabilités des tiers.Convention de stage, contrat d’apprentissage, fiche de mission tuteur.

L’accumulation de preuves de nature variée renforce la démonstration. Il est conseillé de sélectionner les documents les plus significatifs pour chaque session.

Non-conformités fréquentes

Principales non-conformités et solutions
Non-conformitéComment l'éviter
Absence de preuve de coordination effectiveInstituer et documenter systématiquement les échanges : réunions planifiées, comptes rendus archivés.
Processus de coordination non formaliséÉlaborer une procédure écrite détaillant qui coordonne, quand et comment, et la faire vivre.
Défaut de communication avec les tuteurs entrepriseMettre en place des points de contact réguliers (téléphone, visio, visite) et en conserver une trace.
Coordination limitée aux parties obligatoiresImpliquer l’ensemble des acteurs, y compris référent handicap, formateurs occasionnels, sous-traitants.
Preuves non datées ou non liées à une session préciseIndexer chaque document avec l’identifiant de la session et la période concernée.
Inexistence de modalités d’ajustementPrévoir des clauses de revoyure ou des bilans intermédiaires pour adapter la coordination si nécessaire.

Comment vous y prendre, étape par étape

  1. Cartographier les acteurs : Pour chaque type de prestation, lister tous les intervenants (formateurs, tuteurs, référents, employeurs, partenaires) et leur rôle dans le parcours.
  2. Définir les responsabilités : Rédiger une fiche de fonction pour le coordinateur et, le cas échéant, des fiches de mission pour les autres acteurs, précisant leur contribution attendue.
  3. Choisir les outils de coordination : Décider des canaux de communication (réunions, emails, plateforme collaborative) et de leur fréquence minimale. Par exemple, une réunion de lancement, des points mensuels et un bilan final.
  4. Formaliser le processus : Rédiger une procédure simple décrivant le circuit de l’information, les modes de décision et l’escalade en cas de difficulté.
  5. Animer la coordination : Nommer un coordinateur légitime, lui donner du temps et des moyens pour organiser les échanges, relancer et synthétiser.
  6. Documenter chaque étape : Dès la première action de coordination, produire un écrit (ordre du jour, relevé de décisions, tableau de suivi) daté et nominatif.
  7. Archiver et classer les preuves : Constituer un dossier par session ou par groupe, rassemblant tous les documents de coordination, facilement accessible pour l’audit.
  8. Évaluer périodiquement la qualité de la coordination : À l’occasion de bilans pédagogiques, interroger les parties prenantes sur la fluidité des échanges et ajuster le processus si besoin.

Exemple concret pour un organisme

Un organisme de formation spécialisé dans les métiers de la transition écologique propose un parcours en alternance de « Chef de projet en économie circulaire ». Ce parcours implique un formateur référent interne, des formateurs occasionnels, un tuteur en entreprise et un référent handicap externe. Pour satisfaire l’indicateur 18, l’organisme a mis en place une coordination structurée. Une réunion de lancement est organisée en début de cycle avec le tuteur entreprise et l’apprenant pour valider les objectifs et le planning. Un tableau de suivi partagé sur un cloud sécurisé permet à chaque acteur de renseigner les activités réalisées, les difficultés et les prochaines étapes. Le coordinateur pédagogique vérifie ce tableau chaque mois et organise un point téléphonique avec le tuteur si nécessaire. Les comptes rendus de ces échanges sont archivés dans le dossier numérique de l’apprenant. En cas de besoin d’aménagement pour un apprenant en situation de handicap, le référent handicap est sollicité et ses recommandations sont intégrées au plan de coordination. Ce processus éprouvé a été audité avec succès : l’auditeur a pu consulter des emails récapitulatifs, des plannings modifiés et des comptes rendus de visites en entreprise, attestant de la réalité de la coordination.

Checklist avant l'audit

Évolutions récentes

Les évolutions réglementaires touchant l’apprentissage et les contrats de professionnalisation peuvent influencer l’organisation de la coordination. Les organismes sont invités à consulter régulièrement les textes publiés sur Légifrance et les communications du ministère du Travail. Une attention particulière est portée à l’intégration des nouvelles modalités de tutorat introduites par les réformes successives. Dernière vérification éditoriale : 3 juin 2026.

FAQ

Quels acteurs précisément doivent être coordonnés au sens de l'indicateur 18 ?

Les formateurs, tuteurs, maîtres d’apprentissage, référents handicap, employeurs et tout autre professionnel impliqué dans la prestation. La liste dépend de l’organisation et du type de formation.

L'indicateur 18 s'applique-t-il à un formateur indépendant ?

Oui, si le périmètre certifié inclut des actions de formation ou d'apprentissage. Le formateur doit démontrer qu'il assure la coordination avec, le cas échéant, l'entreprise d'accueil ou les parties prenantes.

Un simple échange d'emails suffit-il comme preuve de coordination ?

Cela peut être un élément, mais l'auditeur attend un ensemble de preuves démontrant une coordination structurée et récurrente, comme des comptes rendus ou des plans d'action.

Quelle est la différence entre l'indicateur 18 et l'indicateur 24 (veille pédagogique) ?

L'indicateur 24 concerne l'actualisation des compétences des formateurs, tandis que l'indicateur 18 vise la synchronisation opérationnelle entre les acteurs au service du parcours de l'apprenant.

Doit-on systématiquement organiser des réunions physiques ?

Non, la coordination peut prendre des formes variées : visioconférences, plateformes collaboratives, appels téléphoniques, dès lors qu'elle est documentée.

En quoi l'indicateur 18 est-il lié au Critère 4 ?

Le Critère 4 porte sur l'adéquation des moyens pédagogiques et techniques ; la coordination des acteurs assure que ces moyens sont utilisés de manière cohérente et coordonnée pour atteindre les objectifs.

L'auditeur vérifie-t-il la qualité de la coordination ou seulement son existence ?

L'auditeur examine les preuves de mise en œuvre et peut interroger les parties prenantes pour évaluer si la coordination est effective et contribue à la réussite du parcours.

Indicateurs & ressources liés

Préparez vos preuves pour l'audit Qualiopi

Centralisez les éléments qui démontrent votre conformité, prêts pour l'auditeur.

Centraliser mes preuves Qualiopi

Sources : Guide de lecture du Référentiel national qualité · France Compétences. Contenu informatif, à valider par un référent Qualiopi.