L’indicateur 28 du Référentiel National Qualité exige que tout organisme de formation justifie le choix de ses modalités pédagogiques, et tout particulièrement le recours à l’action de formation en situation de travail (AFEST).
Pour satisfaire l’indicateur 28, l’organisme démontre que le recours à l’AFEST découle d’une analyse des besoins, des objectifs de la formation et du contexte professionnel. Il conserve les traces de cette justification (note de cadrage, description des phases réflexives, évaluations en situation) et les tient à disposition lors de l’audit.
L’indicateur 28 exige la justification du choix des modalités pédagogiques, en particulier lorsqu’un organisme recourt à la formation en situation de travail (AFEST).
L’organisme doit expliquer pourquoi l’AFEST a été retenue plutôt qu’une modalité classique, en s’appuyant sur une analyse de l’activité et une alternance travail/réflexion documentée. Les preuves incluent le cadrage pédagogique, les comptes rendus de débriefing et les évaluations réalisées en situation.
L’indicateur 28 du Référentiel National Qualité, introduit par le décret n° 2019-565 du 6 juin 2019, demande de « justifier la modalité pédagogique choisie au regard des objectifs de la formation et des compétences visées ». Pour les organismes mettant en œuvre des actions de formation en situation de travail, cette justification devient centrale. En effet, l’AFEST, reconnue par la loi n° 2018-771 du 5 septembre 2018, n’est pas un simple apprentissage sur le tas : elle exige une ingénierie spécifique alternant des mises en situation et des temps de réflexion.
L’auditeur Qualiopi vérifie ici que le choix de l’AFEST ne relève pas du hasard ou de la facilité, mais bien d’une décision éclairée, fondée sur une analyse du besoin en compétences et du contexte de travail. Il s’attache à voir si les situations de travail sont suffisamment apprenantes et si elles permettent réellement d’atteindre les objectifs visés. Un organisme qui propose régulièrement des AFEST doit donc formaliser sa démarche de manière explicite et conserver les éléments probants sur une période cohérente avec le cycle d’audit.
La justification attendue dépasse une simple déclaration d’intention. Elle doit reposer sur une analyse de l’activité cible, le repérage des gestes professionnels à acquérir, et la démonstration que l’environnement de travail offre les conditions nécessaires à l’apprentissage. Voici comment structurer cette justification :
Cette analyse prend généralement la forme d’une note de cadrage intégrée au dossier pédagogique. Elle peut aussi s’appuyer sur des grilles d’observations du travail ou des entretiens avec les tuteurs. L’essentiel est de pouvoir montrer que le choix de l’AFEST n’est pas une commodité mais un levier d’efficacité formation.
Lors de l’audit, l’organisme doit pouvoir présenter un ensemble cohérent de documents attestant de la bonne mise en œuvre de l’AFEST. Ces preuves sont à conserver pour chaque action concernée, sur une période récente correspondant au cycle d’audit. En voici les principales :
Il est recommandé de rassembler ces éléments dans un dossier par session ou par stagiaire, facilement accessible. L’auditeur pourra également interroger des apprenants pour vérifier la réalité des phases réflexives et leur apport.
Plusieurs écueils peuvent fragiliser la justification du recours à l’AFEST et entraîner une non-conformité partielle ou totale. Il est important de les anticiper.
Premier risque : confondre AFEST et simple compagnonnage. L’AFEST se distingue par sa structuration pédagogique et l’existence obligatoire de phases réflexives. Un apprentissage par imprégnation sans temps dédié à l’analyse des pratiques ne saurait constituer une AFEST. Deuxième risque : négliger l’adaptation aux publics. Si l’organisme accueille des stagiaires en situation de handicap ou rencontrant des difficultés cognitives, il doit adapter les situations de travail (aménagement des postes, temps supplémentaires, recours à un partenaire spécialisé si nécessaire).
Troisième point : la traçabilité. Chaque phase réflexive doit laisser une trace écrite, même succincte. Un simple journal de bord peut suffire. Quatrième vigilance : la qualification des formateurs-accompagnateurs. L’auditeur peut s’assurer qu’ils maîtrisent les techniques de questionnement et d’analyse du travail. Enfin, l’évaluation des acquis en situation doit être clairement reliée aux objectifs initiaux.
| Exigence | Éléments probants | Commentaires |
|---|---|---|
| Justifier le choix de la modalité AFEST | Note de cadrage, analyse comparative, grille d’analyse de l’activité | Démontrer en quoi le contexte de travail est formateur et pourquoi aucune autre modalité ne convient. |
| Structurer l’alternance travail/réflexion | Planning pédagogique, livret de suivi | Les phases réflexives doivent être planifiées et leur contenu documenté. |
| Assurer la traçabilité des phases réflexives | Comptes rendus, enregistrements, journaux de bord | Chaque entretien de débriefing doit laisser une trace écrite ou enregistrée. |
| Adapter la situation de travail au public | Fiches d’adaptation, aménagements documentés | Particulièrement important pour les publics fragiles ou en situation de handicap. |
| Évaluer les acquis en situation | Grilles d’évaluation, résultats de tests en conditions réelles | Doit être cohérente avec les objectifs de la formation. |
Des discussions au sein des instances paritaires et des financeurs tendent à préciser les critères de qualité de l’AFEST, notamment en matière de traçabilité des phases réflexives. Les textes relatifs à la certification Qualiopi n’ont pas connu de refonte récente sur ce point, mais il est conseillé de consulter régulièrement les publications officielles (Bulletin officiel du ministère du Travail, site de France Compétences) pour suivre les éventuelles évolutions des attentes des auditeurs. Dernière vérification éditoriale : 3 juin 2026.
Non, il concerne toutes les modalités pédagogiques. Toutefois, pour l’AFEST, l’exigence de justification est renforcée car cette modalité doit être distinguée d’une simple mise au travail.
Des documents démontrant l’analyse préalable, la conception du parcours, la qualification des accompagnateurs, les enregistrements des phases réflexives et les évaluations en situation.
Oui, l’organisme prestataire principal reste responsable de la justification du choix de la modalité et de la traçabilité de l’ensemble de l’action.
Il examine les comptes rendus de ces phases et peut interroger les stagiaires pour s’assurer que les temps de réflexion ont bien eu lieu et ont été utiles.
La durée n’est pas déterminante en elle-même, c’est la qualité de la structuration et la pertinence de la justification qui sont examinées.
L’AFEST doit être adaptée aux caractéristiques des apprenants, et sa mise en œuvre doit tenir compte des éventuelles situations de handicap ou des contraintes du poste de travail.
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Centraliser mes preuves QualiopiSources : Guide de lecture du Référentiel national qualité · France Compétences. Contenu informatif, à valider par un référent Qualiopi.