Indicateur 31Risques d’audit

Indicateur 31 Qualiopi : éviter les non‑conformités sur le traitement des réclamations

L’indicateur 31 du Référentiel National Qualité évalue la capacité de l’organisme de formation à recueillir, traiter et analyser les réclamations des bénéficiaires et des clients. Une pratique souvent négligée, mais qui cristallise de nombreuses non‑conformités lors des audits. Voici les écueils à éviter et les preuves à rassembler pour sécuriser ce point.

En bref

Lors de l’audit Qualiopi, l’indicateur 31 relatif au traitement des réclamations fait souvent l’objet de non‑conformités. Cet article rappelle l’attendu officiel, détaille les erreurs fréquentes (absence de procédure écrite, enregistrement lacunaire, confusion avec les appréciations) et fournit un plan d’action concret pour y remédier, appuyé par des exemples de preuves et une checklist de vérification.

Définition courte

L’indicateur 31 vérifie que l’organisme de formation recueille, enregistre, traite et analyse les réclamations dans un processus formalisé et accessible.

Résumé opérationnel

Pour réussir l’indicateur 31, il est indispensable de formaliser une procédure de traitement des réclamations, de tenir un registre même en l’absence de réclamation, et de démontrer que les retours sont effectivement analysés pour corriger les dysfonctionnements. Les non‑conformités proviennent souvent de l’absence de traçabilité et de la confusion entre réclamation et appréciation.

Méthode éditoriale : cette page est une synthèse informative fondée sur le Guide de lecture du Référentiel national qualité et les sources officielles de la formation professionnelle. Elle ne remplace pas l'avis d'un certificateur, d'un auditeur ou d'un référent Qualiopi. Dernière vérification : 3 juin 2026. En savoir plus.
Sommaire
  1. 1. Rappel de l’attendu de l’indicateur 31
  2. 2. Non‑conformités les plus fréquentes
  3. 3. Non‑conformité mineure vs majeure et conséquences
  4. 4. Les preuves qui sécurisent l’indicateur 31
  5. 5. Plan d’action correctif type
  6. 6. Exemple concret pour un organisme
  7. 7. Checklist anti‑non‑conformité

1. Rappel de l’attendu de l’indicateur 31

L’indicateur 31, rattaché au critère 7 du Référentiel National Qualité, impose à l’organisme de formation de démontrer qu’un dispositif de traitement des réclamations est effectivement en place. Ce dispositif doit permettre de recueillir, d’enregistrer, d’instruire et de répondre à toute réclamation émanant des bénéficiaires et, le cas échéant, des clients financeurs. L’organisme doit être en mesure de présenter les réclamations reçues sur la période de référence, même si aucune réclamation n’est remontée – dans ce cas, il prouvera que le canal de remontée est bien identifié et opérationnel. L’auditeur évalue la traçabilité et la complétude du processus, depuis la réception jusqu’à la clôture, en passant par les actions correctives éventuelles. Le but n’est pas seulement de répondre au réclamant, mais aussi d’exploiter ces informations pour assurer la qualité des prestations. Une réclamation est entendue comme toute expression de mécontentement ou d’insatisfaction, distincte d’une simple suggestion ou appréciation (indicateur 30). L’attendu se concentre donc sur la robustesse de la boucle de traitement, sans imposer de volumétrie minimale.

2. Non‑conformités les plus fréquentes

Non‑conformitéCauseCorrection
Absence de procédure écriteProcessus informel, souvent dans la tête du dirigeantRédiger une procédure simple décrivant les étapes de réception, instruction, réponse et archivage
Registre unique confondant réclamations et appréciationsOutillage en place mélangeant tout type de feedbackCréer un registre dédié aux réclamations, avec un identifiant et le suivi distinct
Réclamation orale non tracéeSeules les plaintes écrites sont prises en compteInstaurer une procédure de saisie via un formulaire ou une retranscription écrite validée par le réclamant
Aucune réponse apportée ou accusé de réceptionLe suivi est négligé une fois la réclamation reçueMettre en place un accusé de réception et fixer un délai de réponse dans la procédure
Pas d’analyse ni d’exploitationLes réclamations sont stockées sans bilanPrévoir une revue périodique des réclamations pour identifier des tendances et proposer des actions correctives
Absence totale de réclamation présentée à l’auditDispositif de recueil non connu des parties prenantesCommuniquer activement sur le mode de saisie (affichage, livret d’accueil, espace stagiaire) et enregistrer même une absence de réclamation pour prouver l’effectivité

3. Non‑conformité mineure vs majeure et conséquences

La distinction entre non‑conformité mineure et majeure repose sur l’impact du manquement constaté. Une non‑conformité mineure est un écart ponctuel ou partiel qui ne remet pas fondamentalement en cause la conformité de l’indicateur, par exemple un registre tenu mais mal formalisé, ou une réponse ayant légèrement dépassé le délai prévu. Dans ce cas, l’auditeur peut demander une correction documentaire ou une action simple après l’audit, sans suspendre la certification.

En revanche, une non‑conformité majeure est prononcée lorsque le processus est absent ou totalement inopérant : pas de procédure, aucun enregistrement des réclamations, ou une répétition d’oublis démontrant que l’organisme ne traite pas du tout les réclamations. Une non‑conformité majeure sur l’indicateur 31 peut entraîner un audit non concluant, obligeant le prestataire à déployer un plan d’action complet et à repasser un audit de surveillance. Si elle est détectée lors d’un audit de surveillance ou de renouvellement, le certificat peut être suspendu le temps des corrections. Selon les textes relatifs à la certification Qualiopi, les conséquences précises sont détaillées dans les décisions de l’organisme certificateur. Pour éviter ces risques, il est crucial de traiter cet indicateur avec rigueur dès la conception du système qualité.

4. Les preuves qui sécurisent l’indicateur 31

Type de preuveDescriptionPourquoi c’est important
Procédure de traitement des réclamationsDocument décrivant le processus : qui peut saisir, comment, étapes, délais de réponse, outils, archivageMontre que le processus est formalisé et connu en interne
Registre des réclamationsTableau de suivi mentionnant pour chaque réclamation : date, origine, description, date de réponse, statut, actionsPreuve de traçabilité et de suivi effectif
Exemples de réclamations traitéesCourriers ou mails de réponse, fiches de clôtureIllustre que les réponses sont apportées et conformes à la procédure
Support de communication externeExtrait du livret d’accueil, affichage en salle, page dédiée sur l’espace numériqueDémontre l’accessibilité du dispositif pour les bénéficiaires
Analyse des réclamationsCompte rendu de réunion ou rapport périodique listant les réclamations, les tendances et les actions correctives décidéesProuve que l’organisme exploite les données pour améliorer ses prestations
Preuve d’absence de réclamationDéclaration sur l’honneur ou attestation de non‑réception sur la période, avec la démonstration que les canaux existentSécurise l’indicateur même sans réclamation effective, en prouvant la mise à disposition du dispositif

5. Plan d’action correctif type

  1. Diagnostiquer : identifier si une non‑conformité est détectée sur l’indicateur 31 (absence de procédure, de registre, etc.) et en analyser la cause racine.
  2. Formaliser : rédiger ou mettre à jour la procédure de traitement des réclamations en incluant les modalités de recueil, les étapes de traitement, les délais de réponse, et le processus de clôture.
  3. Outiller : mettre en place un registre dédié, sous forme de tableur ou via un outil de gestion, pour enregistrer chaque réclamation avec son suivi.
  4. Communiquer : informer les bénéficiaires et clients de l’existence du dispositif via le livret d’accueil, l’affichage, les conditions générales de vente, ou l’espace numérique.
  5. Tester : réaliser un exercice fictif de traitement d’une réclamation pour s’assurer que le processus fonctionne et que les délais sont tenus.
  6. Analyser : planifier une revue périodique des réclamations, même si aucune n’est reçue, pour vérifier l’efficacité du dispositif et proposer des actions.
  7. Constituer le dossier de preuves : rassembler la procédure, le registre (y compris les lignes indiquant l’absence de réclamation), des échantillons de communications et les comptes rendus d’analyse.

6. Exemple concret pour un organisme

Un centre de formation en langues n’avait pas formalisé sa gestion des réclamations. Lors d’un précédent audit, l’auditeur avait pointé une non‑conformité mineure car le registre confondait les évaluations de satisfaction et les plaintes. L’organisme a alors créé un document distinct intitulé « Fiche de réclamation », accessible depuis son espace stagiaire en ligne et disponible en version papier. Chaque réclamation reçoit un numéro unique. Une procédure décrit les étapes : le responsable pédagogique accuse réception sous deux jours ouvrés, instruit la plainte sous dix jours ouvrés, et adresse une réponse écrite au bénéficiaire. Une fois par trimestre, l’équipe examine le registre même s’il ne contient qu’une seule réclamation, et un compte rendu est archivé. Pour l’audit suivant, l’organisme a présenté la procédure, le registre avec une réclamation entièrement documentée (accusé de réception, preuve d’instruction, réponse), et un extrait du livret d’accueil mentionnant le dispositif. Aucune non‑conformité n’a été relevée sur l’indicateur 31.

7. Checklist anti‑non‑conformité

Évolutions récentes

Les modalités de traitement des réclamations peuvent être précisées par des mises à jour du Référentiel National Qualité ou des documents d’accompagnement publiés sur Légifrance ou le site du ministère du Travail. Les organismes certificateurs émettent également des consignes dans leurs guides d’audit, qu’il est prudent de consulter régulièrement. Pour rester informé sans évoquer d’outil propriétaire, il est conseillé de suivre les newsletters spécialisées et de participer à des groupes d’échange professionnels. Dernière vérification éditoriale : 3 juin 2026.

FAQ

Qu’est-ce qu’une réclamation au sens de l’indicateur 31 ?

Une réclamation est l’expression d’un mécontentement ou d’une insatisfaction adressée à l’organisme. Elle se distingue d’une simple appréciation ou suggestion. L’indicateur ne qualifie pas le canal ; une réclamation orale ou écrite doit être prise en compte.

Faut-il enregistrer les réclamations même si elles nous paraissent infondées ?

Oui. Le processus exige la traçabilité de toute réclamation reçue. Une réclamation jugée infondée doit tout de même être documentée et recevoir une réponse, car le refus de traitement constitue une non‑conformité.

Combien de réclamations faut-il présenter à l’audit ?

Il n’y a pas de seuil chiffré obligatoire. L’auditeur attend que le dispositif ait fonctionné : un échantillon représentatif de la période audité suffit. Si aucune réclamation n’est survenue, l’organisme doit prouver que les canaux étaient actifs et informer de cette absence dans le registre.

Peut-on utiliser le même outil pour les appréciations et les réclamations ?

La pratique est risquée car les deux notions sont distinctes dans le RNQ. Si un même support est utilisé, il doit clairement séparer les réclamations des autres retours et permettre un suivi dédié, faute de quoi une non‑conformité peut être relevée.

Quel délai doit-on fixer pour répondre à une réclamation ?

Le RNQ n’impose pas de délai universel. L’organisme définit ses propres délais dans la procédure et doit s’y tenir. Veillez à ce que ce délai soit réaliste et communiqué au réclamant dans l’accusé de réception.

Que faire si une réclamation est reçue oralement ?

La procédure doit prévoir un mécanisme de recueil, par exemple un formulaire de saisine à remplir par le réclamant ou par le personnel lors d’un appel. Une simple note interne ne suffit pas ; le contenu doit être validé par le réclamant pour garantir l’exactitude.

L’analyse des réclamations est‑elle obligatoire même si nous n’en recevons pas ?

Oui, l’indicateur exige une exploitation de ce qui est recueilli. En cas d’absence de réclamation, l’organisme peut produire un bilan attestant de la vacance et, le cas échéant, des mesures prises pour encourager les signalements, mais l’étape d’analyse périodique doit avoir lieu.

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Sources : Guide de lecture du Référentiel national qualité · France Compétences. Contenu informatif, à valider par un référent Qualiopi.