Critère 5Audit Qualiopi

Indicateur 22 Qualiopi : non-conformités fréquentes

L’indicateur 22 du Référentiel National Qualité est un point d’attention récurrent lors des audits Qualiopi. Une préparation rigoureuse permet d’éviter les écueils classiques et de démontrer la maîtrise de la gestion des compétences.

En bref

L'indicateur 22 évalue la capacité de l'organisme à identifier et développer les compétences de ses personnels. Les non-conformités fréquentes incluent l'absence de procédure formalisée, de plan de développement, ou de preuves de mise en œuvre. Pour les éviter, structurez votre démarche, documentez chaque étape et assurez un suivi cohérent avec vos activités.

Définition courte

L'indicateur 22 Qualiopi exige que l'organisme de formation identifie, développe et évalue les compétences de ses personnels en lien avec ses prestations.

Résumé opérationnel

Pour répondre à l'indicateur 22, l'organisme doit formaliser un processus de gestion des compétences incluant l'identification des besoins, la planification des formations et l'évaluation des acquis. Les preuves de ce processus doivent être conservées et présentées lors de l'audit. Une attention particulière est portée à la cohérence entre les compétences détenues et les activités réalisées.

Méthode éditoriale : cette page est une synthèse informative fondée sur le Guide de lecture du Référentiel national qualité et les sources officielles de la formation professionnelle. Elle ne remplace pas l'avis d'un certificateur, d'un auditeur ou d'un référent Qualiopi. Dernière vérification : 3 juin 2026. En savoir plus.
Sommaire
  1. Rappel de l’attendu de l’indicateur 22
  2. Non‑conformités les plus fréquentes
  3. Non‑conformité mineure vs majeure et conséquences
  4. Les preuves qui sécurisent l’indicateur 22
  5. Plan d’action correctif type
  6. Exemple concret pour un organisme
  7. Checklist anti‑non‑conformité

Rappel de l’attendu de l’indicateur 22

L’indicateur 22 s’intitule « Gestion des compétences et formation continue » et relève du critère 5 du Référentiel National Qualité, intitulé « Qualification et développement des compétences des personnels ». Selon les textes officiels, le prestataire doit identifier et développer les compétences de ses personnels, qu’ils soient internes ou externes, en lien direct avec les activités qu’il réalise. Cela concerne aussi bien les formateurs que les personnels administratifs, techniques ou d’encadrement intervenant dans la prestation.

L’auditeur vérifiera que l’organisme dispose d’une démarche structurée pour maintenir et actualiser les compétences de ses équipes. Il ne s’agit pas uniquement de proposer des formations, mais d’inscrire ces actions dans une logique de gestion prévisionnelle des compétences, adaptée aux évolutions des métiers et des besoins des clients. L’indicateur exige également une traçabilité : l’organisme doit conserver les éléments attestant de la mise en œuvre effective de cette gestion.

Non‑conformités les plus fréquentes

Le tableau ci-dessous recense les écarts les plus souvent constatés par les auditeurs, leurs causes probables et les mesures correctives à adopter.

Non‑conformitéCause fréquenteCorrection à apporter
Absence de procédure formalisée de gestion des compétencesProcessus non documenté, reposant uniquement sur des pratiques informellesRédiger une procédure écrite, validée par la direction et diffusée aux personnels
Plan de développement des compétences inexistant ou obsolèteVision court‑terme, absence d’anticipation des besoinsÉlaborer un plan annuel ou pluriannuel, issu d’une analyse des besoins et des entretiens professionnels
Absence de preuves d’évaluation des acquis après formationNon‑formalisation du suivi post‑formationMettre en place des évaluations à chaud et à froid, conserver les grilles ou questionnaires
Formations non reliées aux activités réelles de l’organismeChoix de formations standardisées sans lien avec le métierSélectionner des actions cohérentes avec les fiches de poste et la stratégie pédagogique
Personnels occasionnels ou sous‑traitants exclus du dispositifMéconnaissance de l’extension du périmètre à tous les intervenantsInclure dans le processus tout personnel concourant à la prestation, qu’il soit salarié, intermittent ou externe

Non‑conformité mineure vs majeure et conséquences

La qualification de la non‑conformité dépend de la gravité et de l’impact sur la qualité de la prestation. Une non‑conformité mineure correspond généralement à une lacune partielle ou documentaire : par exemple, un plan de formation existe mais n’est pas à jour, ou certaines preuves sont manquantes pour un sous‑ensemble de personnels. Une non‑conformité majeure révèle une absence totale de processus, un défaut systématique ou une incapacité à démontrer que les compétences sont gérées.

Les conséquences varient selon la nature de l’écart et la décision de l’auditeur. Une non‑conformité mineure peut entraîner une demande d’action corrective dans un délai défini, sans remettre en cause la certification si elle est traitée rapidement. Une non‑conformité majeure conduit généralement à un refus ou à une suspension de certification, avec obligation de mettre en place un plan d’action avant un nouvel audit. Dans tous les cas, il est essentiel de corriger l’écart et d’en apporter la preuve.

Les preuves qui sécurisent l’indicateur 22

Pour démontrer la conformité, l’organisme doit rassembler un ensemble de documents et d’enregistrements. Le tableau suivant présente les preuves typiquement attendues.

Preuve attendueDescription
Procédure de gestion des compétencesDocument décrivant les étapes : identification des besoins, planification, réalisation, évaluation et suivi
Plan de développement des compétencesCalendrier des actions de formation, objectifs visés, personnels concernés, modalités de mise en œuvre
Attestations de formationCertificats, feuilles d’émargement, conventions de formation pour chaque action réalisée
Évaluations des acquisQuestionnaires, grilles d’observation, comptes rendus d’entretien attestant de l’efficacité de la formation
Entretiens professionnels ou bilans de compétencesComptes rendus d’entretiens annuels formalisant les besoins individuels et les souhaits d’évolution
Tableau de suivi des compétencesOutil de pilotage consolidant par personne les compétences détenues, les formations suivies et les axes de progrès

Plan d’action correctif type

Si une non‑conformité est détectée, la mise en œuvre rapide d’un plan d’action permet de régulariser la situation. Voici les étapes recommandées :

  1. Formaliser une procédure écrite : décrire le processus de gestion des compétences, de l’identification des besoins à l’évaluation finale.
  2. Réaliser un état des lieux des compétences : pour chaque personnel, lister les compétences actuelles et les écarts avec les exigences des postes.
  3. Définir les besoins de formation : croiser les écarts de compétences, les projets de l’organisme et les souhaits individuels.
  4. Élaborer un plan de développement : prioriser les actions, définir un calendrier, un budget et des responsables.
  5. Mettre en œuvre les actions : organiser les formations et conserver toutes les preuves de réalisation (convocations, attestations).
  6. Évaluer les acquis : immédiatement après la formation et à distance, via des questionnaires ou des mises en situation.
  7. Assurer un suivi périodique : revoir régulièrement le tableau de suivi, planifier de nouveaux entretiens et ajuster le plan.

Exemple concret pour un organisme

Prenons l’exemple d’un organisme de formation spécialisé dans les métiers du numérique. Il emploie six formateurs salariés et fait appel à douze intervenants externes réguliers. Pour l’indicateur 22, il a mis en place les actions suivantes :

Ce dispositif a été jugé pleinement conforme lors du dernier audit, l’auditeur ayant particulièrement apprécié l’inclusion des intervenants externes.

Checklist anti‑non‑conformité

Avant votre audit, passez en revue les points suivants :

Évolutions récentes

Le cadre réglementaire et les attentes des auditeurs évoluent. Pour adapter votre démarche, suivez les publications du ministère du Travail et de France Compétences. Les échanges entre pairs et les événements professionnels constituent également une source utile d’information sans nécessiter d’outil spécifique. Restez attentif aux retours d’expérience diffusés par les réseaux d’organismes de formation. Dernière vérification éditoriale : 3 juin 2026.

FAQ

Qu’est‑ce que l’indicateur 22 de Qualiopi ?

L’indicateur 22 porte sur la gestion des compétences et la formation continue. Il exige que l’organisme identifie, développe et évalue les compétences de ses personnels en lien avec ses activités.

Quels personnels sont concernés par l’indicateur 22 ?

Tous les personnels qui concourent à la réalisation des prestations, qu’ils soient salariés, dirigeants, sous‑traitants ou occasionnels. Cela inclut les formateurs, les coordinateurs pédagogiques et parfois le personnel administratif impliqué.

Faut‑il un plan de formation obligatoire ?

Un plan de développement des compétences est attendu. Il peut être annuel ou pluriannuel et doit être formalisé, même s’il est intégré à une procédure plus large. L’important est de montrer une démarche structurée.

Que se passe‑t‑il en cas de non‑conformité sur cet indicateur ?

Une non‑conformité, selon sa gravité, peut entraîner une demande de correction sous délai ou, dans les cas majeurs, un refus de certification. Il convient alors de mettre en place un plan d’action correctif.

Doit‑on évaluer les compétences après chaque formation ?

L’évaluation des acquis est un élément clé de la preuve. Elle peut prendre différentes formes (questionnaire, observation en situation) et doit être conservée pour chaque action de formation significative.

Comment prouver la formation continue des intervenants externes ?

Il est recommandé d’inclure des clauses contractuelles demandant aux externes de fournir leurs justificatifs de formation continue. L’organisme peut également leur proposer des actions ponctuelles dont il garde trace.

La procédure de gestion des compétences doit‑elle être certifiée ISO ?

Non, aucune certification ISO n’est exigée. Seule une procédure interne documentée et appliquée est attendue. L’auditeur en vérifiera la pertinence et l’effectivité.

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Sources : Guide de lecture du Référentiel national qualité · France Compétences. Contenu informatif, à valider par un référent Qualiopi.