Critère 5Indicateurs 21 et 22

Critère 5 Qualiopi : Qualification et développement des compétences des personnels

Le critère 5 du Référentiel National Qualité concerne la qualification et le développement des compétences des personnels. Il se décline en deux indicateurs centraux pour les organismes de formation.

En bref

Le critère 5 Qualiopi vise à garantir que l’organisme de formation dispose de personnels qualifiés et que leurs compétences sont développées en continu. Il repose sur les indicateurs 21 (compétences des acteurs pédagogiques) et 22 (gestion des compétences et formation continue). L’auditeur vérifie l’adéquation entre les compétences et les prestations, ainsi que la mise en œuvre d’un processus de développement professionnel.

Définition courte

Le critère 5 exige que les organismes de formation démontrent la qualification de leurs personnels et mettent en place une gestion proactive de leurs compétences.

Résumé opérationnel

L’organisme doit identifier les compétences nécessaires pour chaque type de prestation, s’assurer que les personnels les détiennent et les actualiser via un plan de développement. Il formalise le suivi des actions de formation et d’évaluation des compétences, en lien avec l’évolution de l’offre.

Méthode éditoriale : cette page est une synthèse informative fondée sur le Guide de lecture du Référentiel national qualité et les sources officielles de la formation professionnelle. Elle ne remplace pas l'avis d'un certificateur, d'un auditeur ou d'un référent Qualiopi. Dernière vérification : 3 juin 2026. En savoir plus.
Sommaire
  1. Ce que vise le critère 5
  2. Les indicateurs rattachés
  3. Niveau attendu en audit
  4. Preuves transverses
  5. Méthode étape par étape
  6. Non-conformités fréquentes
  7. Conseils

Ce que vise le critère 5

Le critère 5, intitulé « Qualification et développement des compétences des personnels », garantit que les organismes de formation s’appuient sur des équipes compétentes pour délivrer leurs prestations. Il ne s’agit pas seulement de vérifier les diplômes ou certifications, mais bien d’évaluer l’adéquation dynamique entre les compétences des personnels et les besoins des formations proposées.

L’auditeur examine comment l’organisme identifie, maintient et développe ces compétences dans la durée, en tenant compte des évolutions métier et pédagogiques. Ce critère couvre l’ensemble des acteurs impliqués dans la réalisation des actions de formation : formateurs, concepteurs, tuteurs, et toute personne intervenant auprès des apprenants. L’enjeu est double : assurer la qualité des apprentissages et renforcer la crédibilité de l’organisme.

Les indicateurs rattachés

IndicateurExigence
21 – Compétences des acteurs pédagogiquesL’organisme démontre que les personnes qui interviennent dans la conception et l’animation des formations possèdent les compétences techniques, pédagogiques et, le cas échéant, d’accompagnement nécessaires. Cela inclut la capacité à adapter les méthodes aux publics, notamment en situation de handicap.
22 – Gestion des compétences et formation continueL’organisme met en œuvre un processus pour identifier les compétences requises, évaluer les écarts, et déployer un plan de développement des compétences (formations, échanges de pratiques, tutorat, etc.). Le suivi des actions est formalisé et leur efficacité est appréciée.

Ces deux indicateurs sont complémentaires : l’un atteste d’une situation à un instant donné, l’autre de la dynamique d’amélioration.

Niveau attendu en audit

Lors de l’audit, l’auditeur ne se contente pas d’une liste de CV ou de diplômes. Il recherche une approche structurée : des fiches de poste ou référentiels de compétences, des entretiens annuels ou évaluations régulières, et un plan de formation aligné sur la stratégie de l’organisme. Pour les formateurs occasionnels ou sous-traitants, les mêmes exigences s’appliquent, avec une traçabilité adaptée.

L’auditeur peut interroger des personnels pour vérifier la réalité du dispositif. Il attend aussi une cohérence entre les compétences déclarées et les thématiques des formations délivrées. Pour l’indicateur 22, la dimension « développement continu » est scrutée : l’organisme doit démontrer qu’il ne se limite pas à des actions ponctuelles, mais qu’il inscrit la montée en compétences dans une logique pérenne.

Preuves transverses

Les preuves attendues s’appuient sur la documentation interne et les entretiens. Quelques exemples concrets : un tableau de suivi des compétences par personnel, des comptes rendus d’entretiens professionnels, un plan de développement des compétences annuel ou pluriannuel, des attestations de formation suivies par les collaborateurs, des évaluations des formations internes, un organigramme précisant les rôles pédagogiques.

La segmentation par type de prestation (formation en présentiel, à distance, en alternance, etc.) est attendue. Ces preuves doivent être datées, accessibles et cohérentes entre elles. L’auditeur peut aussi demander à consulter les preuves de l’adaptation des compétences pour les publics spécifiques, notamment les apprenants en situation de handicap (ex : formation du personnel référent).

Méthode étape par étape

  1. Identifier les compétences clés pour chaque prestation (techniques, pédagogiques, relationnelles).
  2. Cartographier les compétences disponibles dans l’équipe (diplômes, expériences, formations suivies).
  3. Évaluer les écarts et les besoins émergents (nouveaux modules, évolutions règlementaires).
  4. Concevoir un plan de développement des compétences : objectifs, actions (formations externes, internes, co-développement, tutorat), calendrier, budget.
  5. Déployer les actions et en assurer le suivi (feuilles d’émargement, comptes rendus).
  6. Évaluer l’impact sur les pratiques pédagogiques et, si applicable, sur la satisfaction des bénéficiaires.
  7. Archiver les preuves de façon structurée pour l’audit.

Ce cycle doit être révisé sur une période cohérente avec le cycle d’audit. Chaque étape peut être adaptée selon la taille de l’organisme.

Non-conformités fréquentes

Non-conformitéFréquenceRemédiation
Absence de tout document formalisant les compétences requises par prestationÉlevéeCréer un référentiel simple, même sous forme de tableau.
CV ou diplômes non mis à jour, ne reflétant pas l’expérience récenteMoyenneInstaurer une mise à jour périodique.
Plan de développement inexistant ou non suiviÉlevéeDémarrer avec un plan modeste, mais tracé.
Confusion entre formation des personnels et prestations venduesFaibleDistinguer clairement les deux activités dans les documents.
Pas de preuve d’adaptation pour les personnes en situation de handicapMoyenneDocumenter les aménagements possibles et la formation du référent handicap.
Preuves éparpillées rendant la démonstration difficileMoyenneCentraliser dans un classeur dédié (physique ou numérique).

Conseils

Impliquer les personnels dans l’identification de leurs besoins de développement. Privilégier la qualité des preuves à la quantité et utiliser des outils simples (tableur, dossiers partagés) pour tracer le processus. Anticiper les besoins liés aux évolutions réglementaires ou technologiques.

Pour l’indicateur 22, penser à documenter non seulement les actions de formation classiques, mais aussi les activités moins formelles (communautés de pratique, mentorat). Selon l’activité, le recours à un référent handicap formé peut renforcer la démonstration. Une auto-évaluation régulière permet de maintenir le dispositif à jour.

Évolutions récentes

Les textes relatifs à la certification Qualiopi évoluent périodiquement. Une veille régulière des publications officielles (bulletin officiel, sites des ministères) et des newsletters spécialisées permet d'anticiper les ajustements. L'organisme peut s'appuyer sur des outils de veille collaborative pour adapter ses pratiques au fil des évolutions du référentiel. Dernière vérification éditoriale : 3 juin 2026.

FAQ

Le critère 5 s’applique-t-il à tous les types de personnels ?

Il vise les acteurs pédagogiques, c’est-à-dire toute personne intervenant dans la conception, l’animation ou l’accompagnement d’une action de formation. Selon l’activité, les personnels administratifs ne sont pas directement concernés.

Faut-il un diplôme spécifique pour chaque formateur ?

Non, le critère exige une compétence démontrée pour la prestation réalisée, qui peut provenir de l’expérience professionnelle, de certifications, ou de formations. L’organisme doit justifier cette adéquation.

Comment gérer le cas des formateurs occasionnels ?

Les mêmes exigences s’appliquent. L’organisme doit disposer d’éléments probants (CV, contrat, évaluation) attestant de leurs compétences pour la mission confiée.

Le plan de développement des compétences est-il obligatoirement annuel ?

Le référentiel n’impose pas de périodicité chiffrée, mais le plan doit être établi sur une durée cohérente avec le cycle d’audit et révisé pour refléter les évolutions.

Qu’est-ce qui différencie l’indicateur 21 de l’indicateur 22 ?

L’indicateur 21 porte sur la preuve des compétences détenues au moment de l’intervention, tandis que l’indicateur 22 concerne le processus de maintien et de développement de ces compétences dans la durée.

Peut-on utiliser les évaluations de formation des stagiaires comme preuve ?

Elles peuvent contribuer à démontrer la pertinence des compétences pédagogiques (indicateur 21) ou l’efficacité du développement (indicateur 22), mais doivent être complétées par d’autres éléments comme un plan de formation.

L’accessibilité pour les personnes en situation de handicap est-elle incluse ?

Oui, le critère implique de considérer les compétences nécessaires pour adapter la formation à ces publics. Un référent handicap formé ou des partenariats avec des organismes spécialisés sont des preuves possibles.

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Sources : Guide de lecture du Référentiel national qualité · France Compétences. Contenu informatif, à valider par un référent Qualiopi.