Critère 5Commun

Indicateur 21 Qualiopi : réussir la gestion des compétences pédagogiques

L'indicateur 21 de la certification Qualiopi, rattaché au critère 5 « Qualification et développement des compétences des personnels », exige que l'organisme de formation démontre les compétences adaptées de ses acteurs pédagogiques.

En bref

L’indicateur 21 impose de démontrer les compétences des acteurs pédagogiques. L’organisme doit fournir des preuves tangibles (CV, diplômes, attestations d’expérience) attestant de l’adéquation entre les compétences et les prestations délivrées. L’auditeur vérifie la traçabilité et la mise à jour de ces preuves. Un système documentaire rigoureux est essentiel pour garantir la conformité. En cas d’insuffisance, l’auditeur peut relever une non-conformité.

Définition courte

L’indicateur 21 du référentiel Qualiopi impose à l’organisme de formation de justifier que ses formateurs et intervenants possèdent les compétences techniques et pédagogiques adaptées aux actions de formation qu’ils dispensent.

Résumé opérationnel

L’organisme de formation doit collecter et tenir à jour les preuves de compétences (CV, diplômes, certifications, expériences) de chaque acteur pédagogique. L’auditeur s’attend à constater une cohérence entre ces preuves et les formations réalisées, ainsi qu’un dispositif de mise à jour et d’adaptation continue. L’absence de documentation ou son inadéquation constitue une non-conformité.

Méthode éditoriale : cette page est une synthèse informative fondée sur le Guide de lecture du Référentiel national qualité et les sources officielles de la formation professionnelle. Elle ne remplace pas l'avis d'un certificateur, d'un auditeur ou d'un référent Qualiopi. Dernière vérification : 3 juin 2026. En savoir plus.
Sommaire
  1. Que demande l'indicateur 21 ?
  2. Niveau attendu lors de l'audit
  3. Preuves à fournir
  4. Non-conformités fréquentes
  5. Comment vous y prendre, étape par étape
  6. Exemple concret pour un organisme
  7. Checklist avant l'audit

Que demande l'indicateur 21 ?

Au sein du critère 5 « Qualification et développement des compétences des personnels », l’indicateur 21 porte exclusivement sur les acteurs pédagogiques. Il s’agit pour l’organisme de formation de démontrer, preuves à l’appui, que toute personne intervenant en face-à-face pédagogique (formateur, animateur, tuteur, etc.) possède des compétences à la fois techniques et pédagogiques en lien direct avec les objectifs de la formation dispensée. Le référentiel national qualité ne définit pas de diplôme ou de certification obligatoire ; il met l’accent sur l’adéquation entre les compétences détenues et le contenu de la prestation. Cela signifie que l’organisme doit être en mesure d’expliquer pourquoi tel formateur a été retenu pour telle action. L’indicateur s’applique quel que soit le statut du formateur : salarié, travailleur indépendant, sous-traitant, bénévole. Il couvre également les formations en sous-traitance ou dispensées par des experts métiers occasionnels. En pratique, l’auditeur évaluera la capacité de l’organisme à formaliser et à actualiser ces informations, garantissant ainsi que les compétences restent pertinentes dans le temps.

Niveau attendu lors de l'audit

Lors de l’audit, le certificateur adopte une approche par échantillonnage. Il sélectionne un ou plusieurs formateurs et demande à consulter les justificatifs de compétences correspondants. Il ne s’agit pas pour lui de juger de la qualité intrinsèque d’un diplôme, mais de vérifier l’existence d’une cohérence logique entre les preuves présentées et les actions de formation réalisées. Par exemple, pour un formateur intervenant en bureautique, un CV mentionnant une expérience significative dans un service administratif pourra être jugé pertinent, même en l’absence d’un titre certifié. L’auditeur s’attache aussi à détecter les éventuelles incohérences : un formateur dont les compétences documentées ne correspondent pas aux thèmes indiqués dans le programme de formation constitue un risque de non-conformité. Il portera une attention particulière au processus de mise à jour : les dossiers ne doivent pas dater de plusieurs années sans actualisation. Il pourra s’entretenir avec le responsable pédagogique pour comprendre les critères de sélection des intervenants. Enfin, il vérifiera que le dispositif de gestion documentaire est assez robuste pour ne pas dépendre d’une seule personne.

Preuves à fournir

L’élément central est le dossier de compétences de chaque formateur. Celui-ci inclut généralement un curriculum vitae détaillé, des copies de diplômes ou de certifications professionnelles, des attestations d’emploi ou de missions antérieures, et éventuellement des preuves de formation continue suivies par l’intervenant. Les CV doivent être mis à jour et comporter des informations précises sur les expériences en lien avec les thématiques enseignées. Les diplômes anciens peuvent être complétés par une démonstration d’expérience professionnelle récente. Pour les experts métiers sans titre académique, des lettres de recommandation, des publications, ou des attestations de clients peuvent être acceptées. L’organisme doit également conserver une matrice de correspondance (ou un tableau de bord) indiquant pour chaque action de formation le ou les formateurs impliqués, et la justification du choix de celui-ci au regard de ses compétences. Cette matrice est très appréciée des auditeurs car elle rend la démonstration immédiate. Le tableau ci-dessous synthétise les principaux types de preuves et leur usage.

Type de preuveDescriptionExemples
Curriculum vitaeDocument détaillant le parcours professionnel et les expériences pédagogiquesCV daté et signé, mentionnant les postes occupés, les formations délivrées
Diplômes et certificationsTitulaires attestant d'un niveau d'études ou d'une spécialisationLicence, Master, titre professionnel, habilitations spécifiques
Attestations d'expériencePreuves de la pratique professionnelle dans le domaine enseignéCertificats de travail, contrats de prestation, lettres de mission
Preuves de formation continueJustificatifs de mise à niveau ou d'acquisition de nouvelles compétencesAttestations de stage, certifications obtenues récemment
Références et réalisationsÉléments tangibles démontrant l'expertisePublications, projets menés, témoignages de bénéficiaires

Il est impératif que ces documents soient accessibles et classés de manière ordonnée, soit dans un dossier physique, soit dans un système d’information dédié. L’auditeur pourra demander des preuves complémentaires s’il l’estime nécessaire.

Non-conformités fréquentes

Non-conformité constatéeComment l'éviter
Absence de CV ou de preuves pour certains formateursInstaurer un processus de collecte systématique dès le recrutement et avant toute intervention
CV obsolètes (plus de deux ans sans mise à jour)Mettre en place une révision annuelle des dossiers, avec une relance automatique
Inadéquation entre les compétences présentées et la formation dispenséeRédiger une fiche « adéquation formateur-formation » pour chaque action, validée par un responsable pédagogique
Absence de procédure formalisée de sélection des formateursÉlaborer un document décrivant les critères de choix, les étapes de vérification et les responsabilités
Dossier de compétences incomplet (manque de diplômes ou d'attestations)Créer une check-list par formateur et effectuer un suivi régulier des pièces manquantes
Pas de prise en compte des experts métiers sans diplômePrévoir un mécanisme d'évaluation de l'expérience professionnelle (entretien, test, recommandation)
Preuves dispersées dans différents services, inaccessibles en auditCentraliser la documentation dans un répertoire unique, sécurisé et à jour

Ces écueils sont évitables grâce à une organisation rigoureuse et un pilotage régulier. L’auditeur distingue aisément une démarche sincère d’une simple compilation documentaire opportuniste.

Comment vous y prendre, étape par étape

Pour sécuriser votre conformité sur l’indicateur 21, une approche méthodique est recommandée. Voici les étapes clés :

  1. Cartographier tous les acteurs pédagogiques : recensez l’ensemble des personnes qui interviennent en formation, y compris les vacataires et les sous-traitants, quelle que soit leur quotité horaire.
  2. Collecter les preuves pour chaque intervenant : demandez un CV actualisé, les diplômes, les certifications, et toute attestation pertinente. Fixez un délai de remise et relancez si nécessaire.
  3. Construire une matrice de correspondance : associez chaque action de formation au(x) formateur(s) et vérifiez la cohérence entre le programme et les compétences détenues. Documentez votre analyse.
  4. Évaluer la pertinence des preuves : pour chaque dossier, posez-vous la question : « En quoi ces éléments démontrent-ils que la personne est compétente pour cette formation ? ». Si la réponse n’est pas évidente, ajoutez des preuves complémentaires ou reformulez la justification.
  5. Instaurer un processus de mise à jour : planifiez une revue périodique des dossiers (par exemple, lors de l’entretien annuel du salarié, ou lors du renouvellement d’un contrat de prestation) et documentez cette mise à jour. Conservez les anciennes versions si nécessaire.
  6. Centraliser et sécuriser les dossiers : choisissez un emplacement unique, physique ou numérique, et définissez des droits d’accès pour protéger les données personnelles. Informez l’équipe de son existence.
  7. Simuler l’audit en interne : avant l’audit officiel, faites un test en demandant à un collègue de jouer le certificateur. Cela permet d’identifier les points faibles et d’y remédier.

Cette démarche, bien que rigoureuse, s’intègre progressivement dans la gestion courante de l’organisme.

Exemple concret pour un organisme

Imaginons un organisme de formation spécialisé dans la transition numérique, qui propose des stages de cybersécurité et des ateliers de sensibilisation au télétravail. L’organisme emploie trois formateurs permanents et fait appel à une dizaine d’intervenants ponctuels, souvent des professionnels en activité. Dès l’entrée en vigueur de la certification Qualiopi, le responsable qualité a mis en place un processus rigoureux. Chaque formateur, qu’il soit salarié ou externe, doit fournir un dossier complet avant sa première intervention. Ce dossier comprend un CV détaillé, la copie des diplômes (pour ceux qui en ont), un portfolio de réalisations (audits de sécurité, articles, conférences) et une attestation sur l’honneur de son expérience. Pour les intervenants externes très sollicités, un formulaire simplifié a été créé avec une rubrique « lien avec la formation » à remplir obligatoirement. Une matrice de correspondance est tenue à jour dans un tableur partagé ; elle indique pour chaque session le nom du formateur, son domaine d’expertise justifiant son choix, et la date de dernière actualisation de son dossier. Tous les six mois, une relance automatique est adressée aux intervenants pour qu’ils actualisent leur CV. L’auditeur, lors de sa visite, a pu consulter rapidement cette matrice et les dossiers correspondants. Il a exprimé sa satisfaction quant à la clarté du dispositif.

Checklist avant l'audit

Utilisez cette liste pour vous assurer que rien n’est oublié avant l’audit de certification ou de surveillance :

Un oui franc à chaque question est un bon indicateur de préparation.

Évolutions récentes

Le cadre réglementaire de la certification Qualiopi peut faire l’objet d’ajustements, notamment via des publications sur Légifrance ou le site du ministère du Travail. Les évolutions récentes portent surtout sur l’interprétation du référentiel, sans changement majeur sur l’indicateur 21. Une diffusion de bonnes pratiques par les instances officielles pourrait à l’avenir préciser le type de preuves attendues. Restez attentif aux communications des financeurs publics (OPCO, France Compétences) qui exigent parfois des pièces spécifiques en complément. Dernière vérification éditoriale : 3 juin 2026.

FAQ

Quels sont les acteurs pédagogiques concernés par l'indicateur 21 ?

Toute personne en situation de transmission de savoirs, quels que soient son statut (salarié, travailleur indépendant, bénévole) et son titre (formateur, animateur, tuteur, coach). Les fonctions support (ingénierie pédagogique, administrative) ne sont pas visées directement, sauf si elles participent à l'animation d'une formation. L'indicateur s'attache à ceux qui sont en contact direct avec les apprenants pour délivrer une prestation pédagogique.

Que faire si un formateur travaille de manière occasionnelle sans CV formel ?

Il faut l'aider à constituer un document même succinct. Un entretien peut permettre de retranscrire son parcours, ses expériences et ses compétences sur un format standardisé. L'organisme peut proposer un modèle de CV simplifié ou une attestation co-signée décrivant son parcours et son lien avec la formation. L'auditeur acceptera ce document s'il est suffisamment informatif et daté.

L'auditeur peut-il interroger directement un formateur sur ses compétences ?

Oui, lors de l'audit, le certificateur peut s'entretenir avec des formateurs présents pour confronter les preuves écrites à des explications orales. Il ne s'agit pas d'un contrôle de connaissance, mais d'une vérification de la cohérence entre le profil du formateur et la formation délivrée. L'objectif est d'évaluer la logique de sélection de l'organisme.

Comment prouver la compétence pour un expert métier non diplômé ?

L'expérience professionnelle prolongée dans le domaine concerné peut être démontrée par des attestations d'employeurs, des missions réalisées, un portfolio, des publications ou des recommandations de clients. L'organisme doit être en mesure d'expliquer en quoi cette expérience vaut qualification pour la formation envisagée. Une grille d'analyse de l'expérience peut être formalisée en interne.

Faut-il fournir les preuves de compétences des intervenants externes ?

Oui, l'indicateur 21 s'applique à tous les formateurs, y compris ceux intervenant en sous-traitance ou en prestation de service. L'organisme doit obtenir et conserver leurs justificatifs de compétences, même s'ils sont fournis par le sous-traitant. La responsabilité de la démonstration incombe à l'organisme audité.

À quelle fréquence doit-on mettre à jour les dossiers de compétences ?

Aucune périodicité fixe n'est imposée par le référentiel, mais une mise à jour régulière est attendue, par exemple tous les ans ou lors de changements significatifs. L'auditeur sera sensible au fait que les CV ne datent pas de plusieurs années et que le processus d'actualisation soit défini. La fréquence doit être cohérente avec l'activité de l'organisme.

Un formateur avec une longue expérience mais sans diplôme peut-il être validé ?

Oui, le référentiel national qualité n'exige pas de diplôme formel. L'organisme doit démontrer que les compétences de ce formateur sont adaptées à la formation. L'ancienneté et la diversité des missions réalisées constituent des preuves recevables si elles sont documentées. L'important est l'adéquation entre le vécu professionnel et le contenu de la prestation.

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Sources : Guide de lecture du Référentiel national qualité · France Compétences. Contenu informatif, à valider par un référent Qualiopi.