Critère 3 – Adaptation aux publics bénéficiaires et accompagnementIndicateur 15 – Apprentissage

Indicateur 15 Qualiopi : éviter les non-conformités sur les droits et devoirs des apprentis

L’indicateur 15 du critère 3 du Référentiel National Qualité impose aux organismes de formation d’informer les apprentis sur leurs droits et leurs devoirs. Une exigence simple en apparence mais qui génère de nombreuses non-conformités lors des audits. Ce guide détaille les écueils à éviter et les preuves à rassembler.

En bref

Pour sécuriser l’indicateur 15, l’organisme doit prouver qu’il remet à chaque apprenti, lors de son entrée en formation, un document détaillant ses droits (protection sociale, congés, durée du travail, etc.) et ses devoirs (assiduité, règlement intérieur). La preuve est apportée par un émargement daté, un livret d’accueil ou un compte rendu d’entretien. L’absence de datation ou d’information sur un droit essentiel constitue une non-conformité fréquente.

Définition courte

L’indicateur 15 vérifie que l’organisme de formation informe chaque apprenti sur ses droits (statut, rémunération, temps de travail, etc.) et ses devoirs (respect du règlement, assiduité, etc.) en lien avec le contrat d’apprentissage.

Résumé opérationnel

Il s’agit de formaliser une information complète et tracée remise à l’apprenti dès le début du parcours. Les preuves doivent montrer que l’organisme a effectivement délivré cette information, par exemple via un livret d’accueil daté et signé. Une information partielle ou non datée entraîne une non-conformité mineure, tandis que l’absence totale de preuve peut être classée majeure.

Méthode éditoriale : cette page est une synthèse informative fondée sur le Guide de lecture du Référentiel national qualité et les sources officielles de la formation professionnelle. Elle ne remplace pas l'avis d'un certificateur, d'un auditeur ou d'un référent Qualiopi. Dernière vérification : 3 juin 2026. En savoir plus.
Sommaire
  1. Rappel de l’attendu de l’indicateur 15
  2. Non-conformités les plus fréquentes
  3. Non-conformité mineure vs majeure et conséquences
  4. Les preuves qui sécurisent l’indicateur 15
  5. Plan d’action correctif type
  6. Exemple concret pour un organisme
  7. Checklist anti-non-conformité

Rappel de l’attendu de l’indicateur 15

L’indicateur 15, rattaché au critère 3 « Adaptation aux publics bénéficiaires et accompagnement », exige que l’organisme de formation « informe les apprentis sur leurs droits et leurs devoirs ». Cette obligation découle directement des textes relatifs au Référentiel National Qualité. Elle s’applique à toute prestation de formation en apprentissage, quel que soit le financeur.

L’objectif est de garantir que le jeune connaît des éléments tels que son statut de salarié, sa rémunération, son temps de travail, ses droits à congés, la protection sociale afférente, ainsi que ses obligations d’assiduité et de respect du règlement intérieur. L’information doit être délivrée à l’entrée en formation, et l’organisme doit pouvoir en rapporter la preuve en cas d’audit.

Non-conformités les plus fréquentes

Non-conformité constatéeCause probableCorrection attendue
Absence de document formalisé listant les droits et devoirsInformation donnée uniquement à l’oral, sans traceRédiger un livret d’accueil ou une fiche récapitulative et la faire signer
Information incomplète (manque un droit important, ex. protection sociale)Méconnaissance du statut complet de l’apprentiVérifier la liste des droits auprès d’une source officielle (ex. Service-Public.fr) et la mettre à jour
Document non datéProcessus de remise non rigoureuxInstaurer un émargement avec date lors de la remise effective
Preuve de remise non individualisée (pas de signature de l’apprenti)Document remis collectivement sans vérificationFaire signer un accusé de réception nominatif
Information délivrée tardivement, après le début de la formationAbsence de procédure claire au démarrageIntégrer cette remise dans le processus d’accueil du premier jour

Non-conformité mineure vs majeure et conséquences

Selon le guide de lecture du Référentiel National Qualité, une non-conformité mineure est relevée lorsque l’écart par rapport à l’attendu ne compromet pas fondamentalement la capacité de l’organisme à informer l’apprenti. Par exemple, l’oubli de mentionner un droit secondaire dans un document par ailleurs complet et remis dans les temps peut être considéré comme mineur.

Une non-conformité majeure est caractérisée par l’absence totale de preuve d’information ou par un défaut qui prive l’apprenti d’une information essentielle (ex. pas d’information sur sa rémunération). La conséquence directe est la mise en demeure de l’organisme de corriger la situation dans un délai fixé par l’auditeur. En cas de non-correction, la certification peut être suspendue ou retirée. La qualification dépend de l’appréciation de l’auditeur au regard des preuves présentées.

Les preuves qui sécurisent l’indicateur 15

Type de preuveDescriptionExemple concret
Livret d’accueilDocument complet remis à l’apprenti listant ses droits et devoirsLivret de 8 pages couvrant statut, salaire, congés, règlement intérieur, etc.
Émargement datéFeuille de présence signée par l’apprenti attestant de la remise du livretListe de la promotion avec date, nom, signature, case « Livret reçu »
Compte rendu d’entretienTrace écrite d’un échange individuel où les droits et devoirs ont été abordésFormulaire signé par l’apprenti et le tuteur pédagogique
Contenu de formationModule dédié à la sensibilisation sur les droits et devoirsFiche programme ou support de cours pour une séance « Vie de l’apprenti »

Plan d’action correctif type

  1. Analyser l’écart relevé par l’auditeur et identifier les causes racines.
  2. Concevoir un document unique et à jour listant tous les droits et devoirs en s’appuyant sur une source officielle.
  3. Définir une procédure de remise systématique : par exemple, lors de la première demi-journée d’intégration, avec émargement nominatif.
  4. Former les équipes pédagogiques et administratives au contenu et au processus de traçabilité.
  5. Mettre en place un contrôle interne : vérifier mensuellement que tous les nouveaux apprentis ont bien signé l’accusé de réception.
  6. Archiver les preuves de manière sécurisée pour pouvoir les présenter lors du prochain audit.

Exemple concret pour un organisme

Un centre de formation d’apprentis (CFA) accueille une nouvelle promotion de 20 apprentis en septembre. Dès le premier jour, il organise une session d’information collective animée par le responsable pédagogique. Chaque apprenti reçoit un « Guide de l’apprenti » de 12 pages, validé juridiquement, qui détaille : son statut de salarié, la grille de rémunération, les droits à congés, l’obligation de suivre des visites médicales, les règles de sécurité et le règlement intérieur du CFA.

À l’issue de la session, chaque jeune signe une feuille d’émargement dédiée où il reconnaît avoir pris connaissance de ses droits et devoirs. La feuille, datée du jour de la remise, est conservée dans le dossier individuel de l’apprenti, prête à être présentée en cas d’audit. Ce processus simple et traçable permet de sécuriser l’indicateur 15.

Checklist anti-non-conformité

Utilisez cette liste pour vérifier votre conformité avant l’audit :

Évolutions récentes

Les évolutions législatives et réglementaires relatives au contrat d’apprentissage, notamment en matière de droits des apprentis, sont publiées sur Légifrance et font l’objet de circulaires diffusées par le ministère du Travail. Une consultation régulière de ces sources permet d’actualiser le contenu du livret d’accueil. Les fédérations professionnelles et les services publics (ex. Service-Public.fr) proposent également des informations fiables. Dernière vérification éditoriale : 3 juin 2026.

FAQ

Quels sont les droits et devoirs que je dois impérativement mentionner ?

Vous devez couvrir au minimum le statut de salarié, la rémunération, le temps de travail, les congés, la protection sociale, la santé et la sécurité, ainsi que le règlement intérieur de l’organisme de formation.

Puis-je informer les apprentis uniquement par oral ?

Non, l’indicateur 15 exige une preuve de l’information. Un échange oral seul ne constitue pas une preuve recevable. Vous devez produire un document écrit (livret, fiche) et une attestation de remise signée.

Quelle est la différence entre une non-conformité mineure et majeure ?

Une non-conformité mineure n’empêche pas l’apprenti d’être informé de l’essentiel (ex. oubli d’une mention secondaire) alors qu’une non-conformité majeure traduit une absence totale d’information ou l’omission d’un droit fondamental (ex. rémunération). L’auditeur apprécie la gravité.

Dois-je remettre l’information avant la signature du contrat ?

L’information doit être délivrée au plus tard lors de l’entrée en formation. Certains organismes choisissent de la donner dès la phase de recrutement, ce qui est une bonne pratique, mais l’exigence pour l’indicateur 15 porte sur le début du parcours.

Un document collectif suffit-il, ou faut-il une remise individuelle ?

La preuve doit être individuelle. Un document collectif (ex. affichage) ne démontre pas que chaque apprenti en a pris connaissance. Vous devez obtenir une signature ou un émargement nominatif.

Comment mettre à jour mon livret d’accueil en fonction des évolutions légales ?

Consultez régulièrement les sources officielles (Légifrance, Service-Public.fr) et, le cas échéant, faites relire votre document par un juriste spécialisé. Notez la date de dernière révision sur le livret.

L’indicateur 15 s’applique-t-il uniquement aux CFA ?

Non, il concerne tout organisme de formation qui accueille des apprentis, quel que soit son statut (CFA, organisme privé, etc.), dès lors que la formation relève d’un contrat d’apprentissage.

Indicateurs & ressources liés

Préparez vos preuves pour l'audit Qualiopi

Centralisez les éléments qui démontrent votre conformité, prêts pour l'auditeur.

Centraliser mes preuves Qualiopi

Sources : Guide de lecture du Référentiel national qualité · France Compétences. Contenu informatif, à valider par un référent Qualiopi.