Le critère 2 du Référentiel national qualité exige des organismes de formation qu’ils identifient précisément les objectifs de leurs prestations et qu’ils adaptent leurs dispositifs aux publics visés. Il couvre l’analyse du besoin, la définition des objectifs, l’adaptation des contenus et modalités pédagogiques, la prise en compte des certifications professionnelles, ainsi que le positionnement à l’entrée. Voici comment le mettre en œuvre.
Le critère 2 du Référentiel national qualité impose de démontrer que chaque prestation de formation est conçue à partir d’une analyse du besoin et que les objectifs, contenus et modalités pédagogiques sont adaptés. Pour les formations certifiantes, il faut également prouver l’alignement avec les exigences de la certification et la réalisation d’un positionnement à l’entrée.
Critère qui exige de l’organisme de formation qu’il identifie précisément les objectifs de la prestation et adapte les modalités pédagogiques, les contenus et l’évaluation au public visé.
Concrètement, vous devez formaliser l’analyse du besoin de chaque client ou groupe, définir des objectifs pédagogiques mesurables, adapter vos supports et méthodes au public, intégrer les exigences du référentiel de certification si applicable, et évaluer le niveau initial des apprenants. Ces éléments sont systématiquement vérifiés en audit sur la base de preuves récentes.
Le critère 2 du Référentiel national qualité, instauré par la loi n° 2018-771 du 5 septembre 2018 et précisé par le décret n° 2019-565 du 6 juin 2019, centre l’attention sur la capacité de l’organisme de formation à définir clairement les objectifs de ses prestations et à les adapter aux besoins spécifiques des bénéficiaires. Il ne s’agit pas seulement d’afficher des objectifs standardisés, mais de démontrer une réelle ingénierie pédagogique ancrée dans une analyse du besoin documentée.
Ce critère se décompose en cinq indicateurs qui couvrent l’ensemble du cycle de conception de la formation : depuis la demande initiale jusqu’au positionnement à l’entrée, en passant par l’alignement sur les éventuelles certifications professionnelles. L’auditeur vérifiera que les contenus, les modalités pédagogiques et les outils d’évaluation sont cohérents avec les objectifs annoncés et le profil du public. L’enjeu est double : garantir la qualité de la prestation et sécuriser l’accès aux financements publics ou mutualisés.
Le critère 2 s’articule autour de cinq indicateurs du Référentiel national qualité. Chacun correspond à une exigence précise que l’organisme doit satisfaire et pouvoir démontrer sur un périmètre de preuves récentes, cohérent avec le cycle d’audit.
| Indicateur | Exigence |
|---|---|
| 4 – Analyse du besoin | Le prestataire analyse le besoin de formation du client ou du bénéficiaire. |
| 5 – Objectifs de la prestation | Il définit les objectifs opérationnels et pédagogiques de la prestation. |
| 6 – Contenus et modalités pédagogiques adaptés | Il conçoit les contenus et les modalités pédagogiques en cohérence avec les objectifs et le public visé. |
| 7 – Contenus et exigences des certifications | Lorsque la prestation vise une certification professionnelle, il s’assure de l’adéquation entre les contenus proposés et les exigences du référentiel de certification. |
| 8 – Positionnement et évaluation à l’entrée | Il met en œuvre un positionnement initial et une évaluation à l’entrée pour adapter le parcours de chaque bénéficiaire. |
Ces exigences sont cumulatives et doivent être démontrées pour l’ensemble des prestations entrant dans le périmètre de la certification Qualiopi.
Lors d’un audit de renouvellement ou de suivi, l’auditeur cherchera à établir que les pratiques de l’organisme sont conformes à la fois sur le plan documentaire et sur le terrain. Pour le critère 2, cela signifie qu’il examinera un échantillon de dossiers de formation récents afin de vérifier la présence systématique des éléments suivants : une analyse du besoin formalisée, des objectifs clairement énoncés, une description des contenus et méthodes pédagogiques, la mention du référentiel de certification le cas échéant, et une preuve de positionnement à l’entrée.
L’auditeur pourra également s’entretenir avec les formateurs et les coordinateurs pédagogiques pour s’assurer que l’adaptation est bien effective et que les procédures sont comprises. Les preuves apportées doivent être cohérentes et accessibles. L’absence récurrente d’un seul de ces éléments constitue une non-conformité. Le niveau d’exigence est identique pour tous les types de prestations (inter-entreprises, intra-entreprise, individuelles, certifiantes).
Pour satisfaire les indicateurs du critère 2, vous devez constituer un ensemble de preuves couvrant l’intégralité de la chaîne, de l’analyse du besoin au positionnement. Voici les éléments que vous devez pouvoir présenter, selon l’activité, le statut, le financeur et le public concerné :
Ces preuves doivent être datées, traçables et issues de prestations réalisées sur une période récente, cohérente avec le cycle d’audit.
Pour mettre en œuvre le critère 2 de manière robuste, nous vous conseillons de suivre ces étapes, en les adaptant à votre contexte.
Cette méthode garantit une traçabilité et une cohérence qui faciliteront le travail de l’auditeur.
Lors des audits, certaines erreurs ou omissions reviennent régulièrement sur le critère 2. Anticiper ces écueils vous permet de les éviter.
| Non-conformité | Explication |
|---|---|
| Absence d’analyse du besoin formalisée | Le besoin est traité de manière orale, sans aucune trace écrite. L’auditeur n’a pas la preuve que la demande du client a été structurée. |
| Objectifs trop génériques | Les objectifs se limitent à une phrase vague (« savoir utiliser Excel ») sans déclinaison opérationnelle, rendant impossible l’évaluation de leur atteinte. |
| Contenus non adaptés au public | Le même programme standard est utilisé pour des publics de niveaux très différents, sans personnalisation. Les supports ne tiennent pas compte des spécificités du groupe. |
| Défaut d’alignement avec la certification | Pour une formation certifiante, il n’y a aucun document montrant le lien entre le programme et le référentiel de certification. Cela peut concerner, selon l’activité, les formations éligibles au CPF. |
| Absence de positionnement à l’entrée | Le positionnement n’est pas réalisé ou n’est pas formalisé, privant l’organisme de la possibilité de démontrer l’adaptation individuelle du parcours. |
Ces non-conformités peuvent entraîner des écarts mineurs ou majeurs selon leur caractère systématique. Une vigilance particulière est requise sur les indicateurs 4 et 8, souvent sources d’observation en audit.
Pour renforcer votre conformité sur le critère 2, nous vous recommandons d’adopter les bonnes pratiques suivantes :
Enfin, n’hésitez pas à vous former en interne sur les exigences du Référentiel national qualité : une équipe consciente des attendus contribue activement à la conformité lors des audits.
Les évolutions réglementaires récentes ont rappelé l’importance d’une adaptation fine des prestations, notamment en lien avec les exigences des certifications professionnelles. La loi Avenir professionnel a renforcé l’obligation de traçabilité de l’analyse du besoin et du positionnement à l’entrée. Les organismes doivent rester attentifs aux guides de lecture publiés par les instances d’accréditation. Dernière vérification éditoriale : 3 juin 2026.
Le critère 2 regroupe les indicateurs 4 (analyse du besoin), 5 (définition des objectifs), 6 (contenus et modalités pédagogiques adaptés), 7 (adéquation avec les certifications) et 8 (positionnement à l’entrée).
Oui, l’analyse du besoin doit laisser une trace écrite pour être prise en compte en audit. Un simple échange oral ne suffit pas.
Vous pouvez fournir le programme détaillé, les supports de formation utilisés, et tout document montrant que vous avez tenu compte du profil des apprenants (niveau, prérequis, besoins spécifiques).
L’indicateur 7 ne s’applique que si la prestation prépare à une certification professionnelle. Si ce n’est pas le cas, il n’y a rien à démontrer sur ce point.
Oui, pour chaque formation, vous devez évaluer le niveau initial de l’apprenant afin d’adapter si nécessaire le parcours. Cette évaluation peut prendre la forme d’un test, d’un questionnaire ou d’un entretien.
L’objectif pédagogique décrit ce que l’apprenant saura faire à l’issue de la formation (par exemple, « piloter un tableau de bord Excel »). L’objectif opérationnel précise comment cette compétence sera mise en œuvre en situation professionnelle.
Les non-conformités portent souvent sur l’absence de formalisation de l’analyse du besoin, des objectifs trop génériques, des contenus non adaptés au public, un défaut d’alignement avec la certification ou l’absence de positionnement à l’entrée.
Centralisez les éléments qui démontrent votre conformité, prêts pour l'auditeur.
Centraliser mes preuves QualiopiSources : Guide de lecture du Référentiel national qualité · France Compétences. Contenu informatif, à valider par un référent Qualiopi.